Une petite fille est passée par là… (+Héritages 21)

Salut tout le monde !

Eh, vous avez vu, une news qui ne débarque pas au milieu de la nuit ^^ !! On aura tout vu !

Alors, pour commencer, deux choses :

Déjà, merci pour vos retours sur la nouvelle d’Halloween, ça fait plaisir d’avoir sué quand on a ça en retour 🙂 !

Et aussi ! J’ai reçu entre temps mes exemplaires de l’intégrale de la trilogie et ben la vache ! Ca fait du beau bébé…

img_20161106_1552073,2 cm d’épaisseur pour 880 gr.  

Donc, quand je vous disais de pas vous le prendre sur le pied… ^^’

Voilà voilà.

Sinon, comme je n’avais encore pas grand chose à raconter cette semaine, je me suis dit que je pouvais prendre un moment pour vous parler BD, ou comic strips pour utiliser les termes exactes, et vous emmener en Argentine.

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Mafalda est une bande dessinée de Quino, parue initialement en Argentine, donc, entre 1964 et 1973. 

Sous couvert de raconter les aventures d’une innocente fillette, de sa famille et de ses amis, Quino a livré là une œuvre profondément politique et engagée, et à ce titre, véritablement marquée par son époque.

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Mafalda raconte donc la vie de Mafalda, petite fille en perpétuelle interrogation sur le monde, ses conflits et ses injustices, ses parents, une humble femme au foyer et un employé de bureau de la classe moyenne, qui font ce qu’ils peuvent avec une gamine pareille et plus tard, son petit frère Guille se joindra au récit. 

On retrouve aussi ses amis : Felipe, doux rêveur, Manolito, incarnation vivante du capitalisme outrancier, toujours à vanter la boutique de son père, Susanita, petite bourgeoise qui ne rêve que de son futur mari et de son fils qui sera bien sûr un grand médecin, Liberté (Libertad en VO), graine de révolutionnaire et Miguelito, qui plane souvent très haut.

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Tout ce petit monde me faisait marrer à 10 ans et me fait toujours marrer à 35, mais, un peu comme pour Snoopy, pas du tout pour les mêmes raisons. Si les blagues sur la petite fille et ses mésaventures quotidiennes me parlaient déjà lorsque j’étais enfant, j’admets volontiers que toutes les références à la Guerre Froide, au Vietnam, et surtout à l’histoire plus que mouvementée et violente de l’Argentine elle-même dans ces années-là, enchaînant les coups d’État et les dictatures militaires, me passaient très largement au-dessus de la tête. 

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A ce sujet, et pour pouvoir donc vraiment profiter de tout ça, il a fallu que j’attende d’avoir l’intégrale de Mafalda, un très beau pavé aussi, pas du tout pratique à lire au lit, mais entièrement retraduit et surtout annoté, ce qui fait, comme pour Snoopy encore une fois, qu’un nombre non négligeable de strips obscurs prennent enfin tout leur sens. C’est du bonheur à relire et pour découvrir cette œuvre et ses problématiques réelles, c’est indispensable. Les petits tomes colorisés de Glénat restent sympa, mais clairement trop orientés « enfant ».

Dessin qui rappellera peut-être une certaine vanne du tome 1 à certaines personnes !

Dessin qui rappellera peut-être une certaine vanne du tome 1 à certaines personnes !

Contrairement à pas mal de monde apparemment, je trouve que la comparaison entre Snoopy et Mafalda tourne assez vite court et que, malgré toute mon affection et tout mon respect pour ce pan de l’œuvre de Quino, elle me parait bien trop politique et marquée par son temps pour prétendre à l’universel. Mafalda restera un témoignage acerbe, très fin, d’une époque, là où Snoopy, pour moi, transcende ça car, à quelques références assez rares près, ses strips sont juste totalement intemporels. 

Ceci dit, il y a une autre facette de Quino qui elle, pour moi, restera plus sûrement, c’est tout simplement les très nombreux dessins d’humour qu’il a produit.

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C’est très simple: si vous aimez Sempé, foncez.

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On a là aussi des choses souvent très acerbes et engagées, mais plus perdues dans un contexte historique trop particulier. qui reste mettre dans l’art du muet, de dessins qui n’ont pas besoin du moindre mot pur toucher leur cible.

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C’est là la différence majeure entre Mafalda et le reste de l’œuvre de Quino : on comprendra, en 2016, plus facilement un petit Noir famélique qui dessine la statue de la Liberté en clown, dénonciation acerbe de l’hypocrisie des pays riches face à la pauvreté du reste du monde, qu’un strip parlant de la guerre du Vietnam et d’un énième coup d’État militaire argentin. 

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Le discours de Quino n’a pas bougé, dénonçant avec la même verve, le même talent, les inégalités et injustices de notre monde. Et Dieu sait qu’il y en a besoin !!

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En conclusion, je ne peux que vous conseiller l’ensemble du travail de Quino, qui reste drôle, intéressant, et vraiment nécessaire, tant pour ne pas oublier le passé dont il reste un excellent témoignage, que pour réfléchir au présent. C’est souvent très noir, très acerbe, mais perso j’adore ^^ !

Sur ce ! Je vous laisse là avec le chapitre 21 d’Héritages, pas le plus drôle, mais bon, ‘fallait bien passer par là… 

Bonne semaine à tous 🙂 !

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