Maelstrom émotionnel, accrochez-vous [Heated Rivalry 05 – Spoilers]

Salut tout le monde !

Y a un truc très marrant quand on se décide à faire un grand tri, au hasard, mais ce n’est un exemple qui n’a rien à voir avec ma semaine et mon actuel mal à l’épaule, quand on se motive enfin à ranger sa cave, c’est qu’entre autres cartons de vieux livres (des potes à moi, biz les Craftopiens, ont une théorie intéressante, comme quoi il y aurait une faille spatio-temporelle dans ma cave, qui serait reliée à la bibliothèque d’Alexandrie, ce qui expliquerait que j’y trouve autant de livres sans arrêt), on retrouve pas mal de souvenirs, plus ou moins marrants, plus ou moins émouvants, et ça fait toujours plaisir de retrouver ses copies de bac et de se dire qu’on avait quand même assuré ! 🙂

Mais recentrons nous.

Pour commencer, aujourd’hui, mon soutien inconditionnel à François Arnaud, Hudson Williams et par extension, tout l’équipe de la série, face aux attaques et aux harcèlements dont ils sont victimes. J’avais pensé faire une autre news, post-série, pour revenir sur les critiques que j’ai vues et les « polémiques »… Vous pouvez me dire si ça vous intéresserait, pas sûr que brasser du bof m’inspire vraiment, mais why not. En fait, ce qui me fume le plus, c’est juste à quel point ça révèle l’incapacité de beaucoup trop de gens malheureux et frustrés à voir le positif quand il se passe quelque chose de vraiment bien. Et Heated Rivalry et son succès sont, dans notre monde actuel, un miracle incroyablement positif.

On parle d’une série réalisée avec des moyens dérisoires en dehors du star system, en l’occurrence américain, une série queer dont un des deux rôles principaux est tenu par un métis eurasien, pas la minorité la plus représentée, dont l’autre rôle principal est joué par un Texan, ai-je besoin de développer sur le Texas en 2026 ?, deux jeunes gens qui ont choisi de se lancer là-dedans, dans une série homo-érotique, à une époque où beaucoup trop de choses auraient pu les pousser à rejeter ces rôles pour se conforter à une image plus lisse et surtout plus « mascu », une série adaptée de romans écrits par une femme, réalisé par un gay, avec un des casting les plus inclusifs qu’il m’ait été donné de voir tout court, que ça soit d’un point de vue ethnique ou LGBTQIAàZ+, une série qui casse pas mal des clichés mélodramatiques liés aux LGBTQIAàZ+, en montrant des relations certes complexes, mais qui ne sont pas toxiques et surtout, petit spoil, se finissent bien. Et cette série a explosé, est devenue un succès planétaire, réel, y compris, surtout, dans des pays où elle est illégale, apportant à leurs populations queer un vrai message d’espoir, un vrai « Regardez : c’est possible ! », et montrant au-delà de ça qu’il y a une vraie demande, un vrai public, pour des œuvres qui montrent une masculinité différente, en dehors de tous les clichés virilistes dont on nous gave de partout et dont beaucoup trop de discours politiques réels, avec des conséquences réelles, nous envahissent. Relisez ça et réfléchissez-y. Vraiment.

Parce qu’il y a des gens pour cracher là-dessus. Pour chougner parce qu’ils fantasment sur les acteurs, y projettent tout seuls des choses et qu’oh, drame, ces vrais êtres humains se correspondent pas à leurs fantasmes. Qui attaquent un homme ouvertement bisexuel, est-ce que vous imaginez le courage qu’il faut pour assumer ça ?, qui aurait « cassé » un couple qui n’existe que dans la série, que dans leurs tête, et un autre parce qu’il a une petite amie et n’est donc tout à coup pas suffisamment « gay » pour son rôle, voire serait devenu un traître à la cause. Je ne vais même pas m’étendre sur le fait que les deux acteurs visés sont un quadra sans doute « trop vieux » pour répondre aux fantasmes de certains (l’âgisme chez beaucoup de gays n’est pas un mythe) et un métis qui a l’audace de ne pas correspondre aux clichés de petit mec poli et réservé que le racisme banal colle à son ethnie. Aucun rapport, n’est-ce pas. Je ne sais pas si Hudson Williams est hétéro, bi, pan, c’est sa vie, ça le regarde. Ce que je sais, c’est qu’il est un modèle d’homme dont on a besoin, comme ses comparses d’ailleurs, et je n’ai aucun doute sur le fait qu’ils sont aussi des alliés sincères à la cause.

Aujourd’hui, notre monde brûle et beaucoup trop de personnes jettent allégrement de l’huile sur les flammes au moindre mécontentement, à la plus infime frustration.

Ne les laissons pas gagner. Je sais à quel point il est dur de voir la flamme de l’espoir au milieu des bûchers des haines, mais il faut. Il faut. Gardons cette flamme là et réjouissons-nous de tout ce qui l’entretient, de toutes les personnes qui l’entretiennent.

Bref. Mon soutien inconditionnel à toutes les personnes qui continuent à bâtir des ponts là où on veut nous convaincre de tous les détruire, et plus précisément, à une petite bande de Canadiens/États-uniens qui n’ont rien lâché, ne lâchent rien, et nous ont offert avec sincérité une des meilleurs séries que j’ai jamais vues tout court, bien au-delà de son côté queer.

Merci.

De tout mon cœur, merci.

Et bon courage pour la suite et le tournage de la saison 2 cet été. ^^

Allez, aujourd’hui, Heated Rivalry, épisode 5, el famoso épisode 5, aka épisode préféré de beaucoup de monde, aka roller-coaster émotionnel, où, enfin, les étoiles vont s’aligner et pas mal de set-off trouver leur pay-off.

VF de cet épisode : très inégale, encore, avec quelques vrais beaux moments et quelques vraies grosses boulettes de traduction et d’interprétation.

Nous avions laissé nos deux garçons pris dans le piège qu’ils avaient eux-mêmes construit : comme ils n’ont jamais voulu être quelque chose et surtout pas un couple, qu’ils sont restés dans le déni de tout ce qu’ils ressentaient, pour peu qu’ils le comprennent vraiment, d’ailleurs, et bien… Lorsque ça a clashé, ils ne pouvaient rien faire. Rien. Comment se plaindre, comment confronter l’autre, quand on n’a toujours prétendu qu’il n’y avait rien ?… Shane s’est engagé dans une relation hétéro pour tenter, en vain, de reprendre pied, de retourner dans le moule de ce qu’on attend de lui, ou de ce qu’il pense qu’on attend de lui. Mais même s’il est sincèrement attaché à Rose, il ne peut pas l’aimer comme ça. Ilya est dévoré par la colère et la jalousie. Les deux en crèvent. Mais « ils ne sont rien ».

Une fois n’est pas coutume, après le petit « precedently » d’usage, nous reprenons directement le lendemain matin de la fameuse soirée en boîte/tentative plus que mitigée d’échanges de fluides corporels entre Shane et Rose.

Shane, justement, se réveille alors que Rose est en train de s’habiller pour partir. Il la salue avant de s’excuser pour la veille, clairement conscient de ne pas avoir assuré. Rose n’a pas l’air fâchée, cela dit, au contraire. Elle lui propose même qu’ils dînent ensemble en tête à tête dans la semaine.

Et retour de notre podcast sur le hockey qui a le mérite de nous poser des choses tranquillement. Ici, le prochain All-Star Game, qui va se passer en Floride et qui, suite au vote public, va voir s’affronter une équipe « Est » contre une équipe « Ouest ». Boston et Montréal sont du même côté sur ce coup-là. Shane et Ilya vont donc se retrouver à jouer dans la même équipe. Et les commentateurs de se demander ce que va devenir Scott dans cette galère et s’il tiendra toute la saison… Et Scott, qui écoute ça en faisant son footing, en enlève encore ses écouteurs. Oups. Mets-toi de la musique, vieux, ça ira mieux. ^^ »

Nous retrouvons ensuite Shane, qui rejoint donc Rose au restaurant. Ils prennent le temps de manger tranquillement (n’est-ce pas la VF qui leur fait se saluer alors qu’on voit la serveuse débarrasser leurs assiettes) et va suivre une des plus belles scènes de la série, et le point de bascule de l’arc narratif de Shane. SnnowW m’a dit que c’était après avoir vu et lu des choses sur ce passage qu’elle avait lancé la série, et ça se comprend. L’écriture est ciselée, l’interprétation admirable, encore une parfaite maîtrise du fond comme de la forme.

On aurait pu craindre le cliché de la méchante petite copine qui va tout faire pour retenir son homme et surtout le tenir loin de ce qu’il est et veut vraiment. Rachel Reid et Jacob Tierney évitent cet écueil avec brio et nous propose à la place une alliée de haut vol comme on les aime, bien trop rares à mon goût.

Rose a compris que Shane était gay. Et elle l’aime trop pour faire autre chose qu’essayer de l’aider à y voir clair là-dessus.

À noter déjà la photographie de la scène, filmée sinon en champ/contre-champ classique, peu de plans de côté les montrant tous les deux face à face. On est dans les mêmes teintes orangée/ocre, chaudes, que dans la plupart des scènes intimes du début de la série. L’intimité, ici, n’est pas sexuelle, même pas romantique, mais elle est là et montre aussi le cocon, la sécurité que les personnages et principalement Shane, ressentent : ce qu’il faut pour qu’il puisse lâcher prise.

Rose commence donc innocemment par lancer la conversation sur son ami Miles, qui est gay et donc très jaloux d’elle, car Shane lui plaît beaucoup. Shane n’avait visiblement pas tilté… Son autisme, sûrement, parce que ce n’est rien de dire que Miles n’a pas tendu des perches dans l’épisode 4, sans parler du fait qu’il l’ait serré de très près sur la piste de danse. Rose embraye sur le fait que beaucoup d’acteurs sont gays, même si souvent dans le placard, avant de demander toujours innocemment comme ça, histoire de causer, rien de personnel, si Shane sait s’il y en a aussi dans le hockey. Shane répond que oui, sûrement, mais qu’aucun ne l’a dit. Rose le regarde et grimace. Shane le remarque, s’inquiète, elle prend sa main et se lance : elle l’aime beaucoup, mais a le sentiment qu’elle n’est pas pour lui, que, peut-être, il préférerait Miles ?… Shane essaye de se défendre, de se justifier, il l’aime, aime être avec elle, lui parler, même si côté sexe, il y a un souci. Rose y coupe court : « Ce n’est pas un problème. Un problème, c’est quelque chose qui peut se résoudre. » et d’ajouter : « On est plus comme une cheville carré dans un trou rond. » avant de rougir elle-même de la métaphore. Shane bredouille, ne trouve pas ses mots, pas tant mal à l’aise ni gêné que submergé par ce qu’il est en train de comprendre. Ses yeux sont trop humides et ne se fixent pas, on sent à quel point tout se bouscule dans sa tête. Après un silence, Rose se permet de lui demander s’il est déjà sorti avec un homme et si c’était mieux. Et là, nouveau micro-détail de la série que j’ai découvert il y a quelques jours et qui m’a laissée sur le c*l.

Le plan est fixé sur Shane et on va voir des petits flash-backs. Traduction : il se souvient. Il se souvient d’Ilya le regardant sous la douche, après la séance de photos promotionnelle, il se souvient de lui se jetant sur Ilya pour l’embrasser, affamé, quand il l’avait rejoint dans sa chambre lors que leur premier All-Star Game. Sauf que ses souvenirs sont altérés. Shane revoit un regard plus tendre, une étreinte plus réciproque, qu’ils ne l’étaient, lorsqu’on compare avec les vrais plans de l’épisode 1. Le temps a adouci les faits pour lui. Et bon sang, mais quelle idée de génie en terme de réalisation et montage pour illustrer ce que ressent le personnage… ! Vraiment mon respect le plus absolu à l’équipe pour avoir inclus ça et aussi pour les fans qui l’ont remarqué. ^^

Shane répond à Rose par des petits hochements de tête avant de répondre verbalement, très ému, clairement au bord des larmes, que oui, c’était meilleur, avant de glousser et d’admettre, pas plus gêné que ça, finalement, qu’il préfère être le trou que la cheville. La digue a lâché, il a compris, enfin admis, ce qu’il était. Grand sourire de Rose toute heureuse de cette réplique.

Ce soir-là, le couple se quitte donc en meilleurs termes qu’il ne s’était trouvé. Shane va pouvoir relancer la machine. Son soulagement est palpable. Il n’a certes pas trouvé en Rose la compagne de sa vie, mais une amie sincère et sûre auprès de laquelle il va pouvoir être lui-même, complètement, y compris et surtout cette face-là. Il la regarde partir avec un sourire qu’on ne lui avait pas vu depuis un moment.

Petit détour chez Ilya, installé sur son lit avec Svetlana, en train de causer hockey et All-Star Game, en mode potes à la cool, lui en boxer, elle en débardeur et culotte. La demoiselle est toujours aussi au taquet et titille son vieil ami sur le fait qu’il va être dans la même équipe que Shane, qui est aussi sexy qu’il est bon joueur. Ilya fait genre « oui oui il est doué ». Et lorsqu’elle sous-entend qu’il pourrait laisser la place centrale à Shane pour être son ailier, Ilya fait semblant de se fâcher, la faisant éclater de rire. Installé ensuite la tête sur ses cuisses, et alors qu’elle lui caresse la tête, il ne répond pas quand elle se demande tout haut combien de robes va emporter Rose. Les quelques notes de musique, très tendues, répondent pour lui.

Et nous voilà à Tampa Bay, au All-Star Game. Nous sommes début 2017, sans doute quelques semaines plus tard.

Ilya attend au bar de la plage, désormais moins en colère que résigné, visiblement. Sans doute attend-il le couperet, que son ancien amant lui dise qu’il a une super chérie et merci pour tout, ravi de t’avoir connu, c’était fun. Il voit Shane approcher et vide sa Corona d’un trait. Il ne fait que lui jeter un œil quand le serveur demande ce qu’il lui sert, quand il s’assoit près de lui. La musique reste tendue et la conversation commence, mais si Shane regarde Ilya, ce dernier commence par lui répondre sans le regarder. Ce n’est qu’après quelques phrases, plutôt aimables, d’ailleurs, Shane étant beaucoup moins tendu que lui, plus souriant, simplement, car Ilya ne l’est pas, que le Russe le regarde enfin vraiment pour lui demander s’il est venu seul.

Pas besoin d’être devin de notre côté pour deviner ce qu’il veut savoir, mais Shane est à mille lieues de ça et commence donc par lui dire que ses parents ont voulu, mais non, ce qui l’arrange, car il voulait passer un WE « sans être fliqué ». Ilya note et répond juste « Nope. » quand Shane lui retourne la question. Suit un silence un peu gêné avant que Shane ne tente de relancer la conversation en lui disant qu’il a un jolie chemisette, à fleurs, pour coller à l’ambiance locale. Mais à peine lui a-t-il dit qu’elle lui allait bien que les deux hommes se font littéralement sauter dessus par un Carter Vaughn tout excité, peut-être un peu ivre, aussi, qui les charrie, surtout Ilya, avant de repartir aussi vite, laissant les deux hommes amusés.

La musique a changé, désormais plus joyeuse, et la conversation reprend, plus détendue aussi.

La caméra les cadre désormais de face, en plan large, là où on était encore en champ/contrechamp, et elle va lentement se rapprocher pour se recentrer sur eux.

Ilya n’a pas eu sa réponse. Il remarque donc, l’air de rien, que Shane est fort bien habillé, et, de fait, il l’est, ne portant absolument pas les vêtements de sport auxquels il nous avait habitués. « Quelqu’un » l’aurait-il emmené faire du shopping ? Shane est un peu gêné et commence par lui faire promettre de ne pas se moquer de lui, et, ceci fait, lui avoue avoir embauché un styliste.

Gros plan sur Ilya dont le visage s’illumine en quelques secondes, nous offrant enfin un grand sourire réel et sincère.

Retour sur eux deux, filmés désormais en plan plus resserré. Ilya le vanne sur son ancienne façon de s’habiller, Shane réplique, le vanne aussi, mais Ilya a vraiment besoin d’être sûr. Retour sur les gros plans en champ/contrechamp : il lui demande donc, enfin clairement, si ce changement vestimentaire n’a vraiment rien à voir avec Rose. Et Shane lui confirme que non. Ilya insiste encore plus clairement : « Donc, elle et toi, vous n’êtes pas… ? » et Shane lui confirme encore que non, expliquant qu’elle est super, mais qu’ils ne sont pas compatibles. Shane le laisse peu après, le laissant visiblement aussi pensif que confusément soulagé.

Suit un petit montage alternant quelques images du match qu’ils vont jouer ensemble, où clairement, ils s’éclatent à jouer ensemble et marquent un joli but qui autorise Ilya à faire un gros bizou au casque de Shane qui se marre devant un public très enthousiaste qui n’y voit que du feu, et un moment à la piscine où, pendant que Shane prend le soleil sur un transat, Ilya dévoile une facette de lui à laquelle je ne m’attendais absolument pas… Ce mec est un amour avec les enfants. Il s’amuse avec eux, fait semblant de perdre pour pouvoir leur payer des friandises, franchement, c’est choupi et heureusement que Shane a des lunettes de soleil, je pense que sans ça, tout le monde les aurait grillé en voyant son regard.

Le soleil se couche sur la plage, offrant une douce lumière orangée, toujours gage d’intimité et de sécurité. Au-delà de toutes autres considérations, ce plan est superbe. Shane le regarde, assis dans la sable, et Ilya le rejoint et s’assoit près de lui, mais bien sûr qu’il ne le cherchait pas. Ilya lui explique alors qu’il a vérifié la définition de « compatible » juste pour être sûr, et Shane lui confirme, une nouvelle fois : Rose et lui ne sont pas compatibles. « Pas comme ça, en tout cas. » Ilya regarde derrière eux pour s’assurer que personne ne peut les voir et rapproche doucement sa main de celle de Shane sur le sable. Ils se disent qu’ils partent tôt le lendemain et encore si loin l’un de l’autre, alors que leurs pouces s’effleurent et restent à se caresser, Shane ayant aussi approché la sienne. Un silence, puis Shane lui demande dans quelle chambre il est avant d’esquisser un petit sourire mi-tendre, mi-timide.

Sur le sable, leurs pouces se caressent encore.

Cette micro-interaction est d’un beauté et d’une puissance incroyable.

Le soleil se couche et ce soir-là, une page va se tourner dans leur histoire.

Ilya vient de ne pas répondre à un appel de son frère quand Shane le rejoint, vers 21h30. Toujours cette même ambiance lumineuse. Il lui ouvre sans attendre, mais, au lieu de lui sauter dessus pour l’embrasser et tenter de battre leur record de transition porte/plumard, qui doit être de deux-trois secondes et demi, Shane va s’asseoir sur le lit. Ilya le regarde faire sans trop comprendre. Car Shane n’est pas venu baiser (enfin pas que, on le verra), il est venu parler, crever l’abcès et mettre au clair cette fichue relation de fuckfriend qui dure depuis maintenant sept ans. Ilya reste appuyé au bureau, face à lui, et lorsque Shane commence en demandant : « Ce n’est pas juste moi, n’est-ce pas ?… Tu le ressens aussi ? », Ilya fait semblant de ne pas comprendre, ou, peut-être, ne comprend vraiment pas, d’ailleurs, où il veut en venir. Échaudé par la fuite de Shane lors de leur dernier rendez-vous ? Peut-être. Peut-être qu’il est moins dans le déni que dans la peur que ça recommence.

Lorsque Shane insiste en disant que « La dernière fois, c’était différent. », il réplique un : « Différent pourquoi ? Parce que tu t’es enfui ? » cinglant. Shane n’est pas venu se battre, il s’excuse d’avoir paniqué. Mais quand Ilya lui dit que c’était pour rien, il lève un peu la voix pour le confronter : ce n’était pas rien et dire tout ça est assez dur sans qu’Ilya réagisse comme un connard. Ilya lui demande ce qu’il veut. Pour lui, les choses sont simples : ils se voient, ils baisent, point. Au tour de Shane d’être cinglant : « Conneries. » et il se jette à l’eau en lui avouant être gay. Si la réaction d’Ilya est logique, il rigole en lui demandant ce qui lui laisse penser ça, ça ne fait qu’à moitié rire Shane qui lui rétorque que lui ne l’est pas, ce qu’Ilya concède, et le Canadien d’ajouter : « C’est important, au moins pour moi. ». Ilya grommelle avant de venir s’asseoir, ou plutôt se laisser lourdement tomber, à côté de lui sur le lit. Sa question n’est pas bête : « Pourquoi tu me dis ça ? », la réponse de Shane logique : « À qui d’autre je pourrais le dire ? », mais il n’a pas fini et insiste en le regardant : ce n’est pas juste être gay, c’est Ilya, tout leur bordel de relation d’amants dans l’intimité/ennemis jurés en dehors, tout ce qu’il implique. Et d’insister encore, de s’excuser encore d’avoir pris peur : la dernière fois, c’était bien. Ilya concède encore, sans le regarder, lui. Shane ne lâche pas : c’était comme s’ils étaient quelque chose. Ilya répond qu’ils ne peuvent pas être quelque chose. Mais Shane ne lâche pas : « Est-ce que tu voudrais, si on pouvait ? », « On ne peut pas. » et Shane ne lâche toujours pas : « Ce n’est pas ce que je t’ai demandé. ».

Ilya le regarde enfin en levant le ton, qu’est-ce qu’on s’en fout, mais la réponse de Shane est sans ambiguïté : « Je ne peux plus prétendre que je ne ressens rien pour toi. ».

Ilya essaye de l’empêcher de finir, de lui dire que ce n’est pas vrai, en vain. Shane sait ce qu’il ressent et il sait ce qu’il veut : la vérité, au moins. La fin de ce déni absurde.

Lorsqu’Ilya lui réplique avec humeur qu’il ne pourrait plus jamais rentrer chez lui, à nouveau, Shane ne va rien lâcher, il n’est plus le tout jeune homme hésitant qui cherchait ses mots, comme trois ans plus tôt dans une autre chambre d’hôtel, ou alors il a bouffé trois pitbulls au dîner, au choix : pourquoi, qu’est-ce qu’il lui arriverait ? Est-ce à cause de ses parents ? Son insistance est aussi douce que ferme et Ilya soupire et lui répond plus calmement, déposant un peu de ce qu’il porte de si lourd et depuis si longtemps. La réplique en VO est intéressante. Il dit : « My father is police. My brother is police. » (« Mon père est police. Mon frère est police. »), ce qui, apparemment, voudrait moins dire qu’ils sont réellement policiers que proches des autorités et de leur idéologie. À la question de Shane, qui ne le quitte à nouveau pas des yeux, sur sa mère, Ilya répond qu’elle est morte et lorsque Shane compatit, il balaie ça d’un « J’étais jeune. » qui n’est sûrement pas aussi désinvolte qu’il le voudrait. Car s’il tient bon, on sent bien, et on sait, nous, à quel point tout ça est insupportable pour lui. Il continue pourtant, alors que Shane ne le quitte toujours pas des yeux, très attentif. Son père est très vieux jeu et malade. Et comme Shane demande encore, parce qu’il veut comprendre, Ilya finit par lâcher cette vérité qui le détruit : « Démence. ». La réponse de Shane n’est qu’empathie : « C’est affreux. ».

Et enfin, enfin, Ilya craque.

Une larme roule sur sa joue alors qu’il détourne la tête, que Shane voit immédiatement. Ilya bredouille un « Désolé… » : il n’a pas le droit, mais si elle est cette fois muette, la réponse de Shane est à nouveau sans équivoque : il s’installe à califourchon sur ses genoux, l’embrasse, avant de le serrer contre lui en le berçant.

Tu as le droit de pleurer. Je suis là. Tu es à l’abri, tu as le droit d’être triste, d’exprimer ça avec moi.

Un peu plus tard, et alors que, vu qu’Ilya est en sous-vêtement sur le lit qui est complètement défait, on peut se dire que la consolation a été plus intime, Shane va pour partir. Lorsqu’Ilya lui lance un gentil : « Bonne nuit, Shane. », il rigole avant de répondre avec un sourire : « Bonne nuit, Ilya. ».

Cette barrière est franchie.

La scène suivante est rigolote. Deux semaines plus tard et alors qu’ils vont jouer l’un contre l’autre le soir, Ilya textote Shane pour lui demander de le rejoindre avant. Shane répond que non, le faisant le supplier un peu, alors qu’on le voit littéralement s’habiller pour sortir pendant l’échange. On reparlera du « non » de Shane qui peut vouloir dire « oui » la semaine prochaine.

On les retrouve reprenant leurs esprits dans le lit d’Ilya, qui ne répond à nouveau pas à un appel de son frère. Lorsque Shane lui demande si tout va bien, Ilya lui intime d’arrêter ses questions, mais lorsque Shane s’excuse, il lui dit tout aussi vite que c’est bon. Suit un beau petit échange de vannes et bon sang, qu’est-ce que ça fait du bien de les voir comme ça !

Mais la réalité n’est pas loin et le lendemain, Shane apprend, dans les vestiaires, qu’Ilya n’est pas parti avec son équipe pour leur prochain match. Évidemment vite inquiet, il lui envoie un message qui reste sans réponse. Le soir, rentré chez lui, il essaye de l’appeler, mais tombe sur son répondeur. Ce n’est qu’encore plus tard dans la soirée, alors qu’il bouquine avec ses lunettes, qu’Ilya le rappelle enfin en visio.

Il est à Moscou. Son père vient de mourir. On le sent presque plus soulagé qu’autre chose et c’est sans doute le cas, quelque part. Voir la fin d’années de souffrance d’un proche est malgré tout un soulagement et je parle d’expérience. Ilya demande ce qui se dit, rien, lui répond Shane, qui continue en lui exprimant sa volonté de faire tout ce qu’il pourra pour le soutenir. Et comme visiblement, Ilya a surtout envie de se détendre et l’a trouvé très mignon avec ses lunettes, il lui demande de se déshabiller et de les remettre…

Nous sommes en hiver. Moscou est couverte de neige, un vent fort souffle.

Lors du repas des funérailles, on note qu’Ilya est assis à l’autre bout de la table par rapport à son frère. Celui-ci le suit pourtant dans les toilettes quand il y va, pour exiger qu’il lui dise ce qui va se passer. Bien évidemment, la discussion s’envenime instantanément. Ilya est à bout et veut juste respirer, on le sens à fleur de peau, immensément triste, pendant tout ce passage. Mais son frère ne sait, encore, toujours, que l’insulter, qu’exiger, prétextant qu’il a une fille et une femme. Que c’est lui qui s’est occupé de leur père, chaque jour, durant ses derniers mois. Il y a plus de souffrance que de colère du côté du plus jeune frère, et Svetlana, qui était là, les rejoint. Alexei va alors franchir la ligne rouge : il insulte la jeune femme et Ilya lui saute à la gorge. Encaisser les insultes lui-même, il peut, mais il ne faut apparemment pas s’en prendre aux personnes qu’il aime. Peu de doute sur la violence qui allait suivre si la voix de Svetlana n’était pas parvenue à calmer Ilya quasi instantanément. S’il ne fait donc pas du pâté d’Alexei, ce qui ne servirait à rien, ça ne serait sûrement pas comestible, il n’en reste pas moins que, leur père parti, ce dernier n’a plus d’emprise sur lui. C’est donc la mort dans l’âme, tant sa douleur est visible, qu’Ilya va pourtant faire ce qu’on attend tous depuis la 9e minute du premier épisode : l’envoyer chier comme le sale connard qu’il est. Le message est clair : je te laisse mon appart, je crée un compte pour ta fille, et seulement pour elle, et tu disparais de ma vie, ou je t’anéantis. Alexei ne peut plus rien, il se retire donc avec autant que dignité qu’il peut, et, resté seul avec Svetlana et au bord des larmes, Ilya soupire à sa si chère amie qu’il ne la mérite pas. Elle le réconforte, lui assure que si, qu’elle sait qu’il l’aime, ajoutant qu’elle espère que Jane sait la chance qu’il a. A-t-elle deviné qui était vraiment ce « il » ? Mystère. Ilya la laisse partir sans répondre.

Ceci dit, ce passage est aussi pour moi la preuve que, même s’il le traite de pédé avec une régularité de coucou suisse, Alexei ne sait pas que son frère est réellement bisexuel. Il ne manquerait jamais, à mon sens, une si belle occasion de le faire chanter à nouveau.

Quelques heures ou jours plus tard, Ilya rappelle Shane, qui file de la chambre d’hôtel qu’il partage avec Hayden pour lui répondre. Il s’installe dans la cage d’escalier, ce qui n’est pas stupide : il pourra entendre n’importe qui qui l’approcherait.

Ilya va mal, il est sorti marcher, est dans un tunnel, dehors, seul, il neige. Il est conscient de sa douleur, que sa colère contre son frère n’est que la réponse de celle de son frère contre lui. Il aurait voulu que son père le connaisse vraiment, il ne sait plus… Il peine à trouver ses mots en anglais, et Shane va alors lui proposer de tout lâcher en russe, espérant que ça puisse l’aider. Ilya accepte, inspire un grand coup, et commence alors un monologue en russe de plus de trois minutes, d’une incroyable intensité. Connor Storrie réussit une performance extraordinaire dans cette série, tout court, mais ce passage est vraiment dingue, tant en terme de diction, rappelons que notre jeune ami est Texan, sans aucune ascendance russe, que d’acting, le personnage étant sur la corde raide en permanence à ce moment, les nerfs à fleur de beau, les larmes au bord des yeux. Un bel air de piano, triste, l’accompagne.

Trois minutes où Ilya lâche effectivement tout ce qu’il a sur le cœur, triste, en colère, désespéré : qu’il ne veut jamais revenir ici, que tout le monde le hait, qu’il veille sur tout, paye tout, leur donne tout, mais qu’ils ne font que réclamer plus, plus, plus, toujours plus. Qu’il se sent vide. Que pour eux, il n’est qu’un distributeur de billets. Que même s’il sait pourquoi son frère le hait, ça le détruit, tout comme le fait de ne pas avoir pu être là pour soigner leur père le détruit. Sa voix se brise presque sur ces mots : il ne pouvait pas, il n’était pas là et son frère ne le lui pardonnera jamais.

Je vais me permettre une petite aparté sur ces paroles.

Désolée, on va revenir dans la réalité un moment, mais ça me semble très important.

Ce qu’Ilya décrit, là, est une cruelle réalité pour beaucoup de migrants économiques, partout dans le monde. Ça ne date pas d’hier et je suis bien placée pour le savoir. Lorsque j’étais enfant, dans les années 80, donc, mon père était chef de chantiers dans les BTP. Ses gars, comme il les appelait, étaient pour beaucoup des travailleurs immigrés maghrébins. Des hommes venus, parfois avec femme et enfants, parfois non, travailler en France pour pouvoir envoyer de l’argent au pays, à leurs proches restés sur place. Et quand ils y revenaient, pour des congés, souvent, passée la joie des retrouvailles, ils n’y avaient plus leur place. Et c’est logique : loin des yeux, loin du cœur, malgré tout. Ils ne faisaient plus parti de la vie réelle, concrète, quotidienne, de tous ces gens. Ils ne se connaissaient plus. J’ignore à quel point Internet a pu changer ça. Mais reste aussi que, trop souvent, ces mêmes gens, complètement inconscients du coût réel de la vie en France ou ailleurs en Occident, ont une réelle tendance à réclamer plus, toujours plus, tant de leur point de vue, du point de vue de personnes vivants dans des pays où les choses ne coûtent rien pour nous, gagner 1300€ par mois, c’est être richissime. Encore une fois, ce n’est même pas forcément par méchanceté et avarice. Souvent, c’est vraiment juste de l’ignorance. Mais pour ces travailleurs, coincés dans des pays dont ils maîtrisent mal la langue, dans des boulots durs, précaires, il est souvent impossible, tabou, d’expliquer tout ça, d’admettre devant ces gens qui dépendent d’eux à quel point ils sont finalement pauvres et en galère. Et puis, c’est aussi, évidemment, simplement, être loin des siens, ne pas pouvoir être là quand il faut, dans la maladie, dans le deuil.

Alors, s’il vous plaît, le prochaine fois que Vendeur de Haine Rageux Frustré N°2568 crachera son petit discours de merde sur ses sales immigrés qui viennent nous voler nos emplois, repensez à Ilya. Repensez à ses mots, à sa douleur, et dites vous que c’est pire, bien pire, pour ceux qui s’appellent Mamadou ou Mohammed.

Parenthèse refermée.

Ilya n’a plus personne, dit-il avant de se reprendre. Si, il a Svetlana, qui l’aime, comme lui l’aime, et il bute sur la suite, reste silencieux un instant, alors qu’au loin, une voiture de police passe, rappel plus que concret de ce qu’il risquerait ici s’il osait y être lui-même. Puis il reprend et avoue : « Mais pas comme je t’aime toi. C’est le pire dans tout ça. Tout ce que je veux, c’est toi. C’est toujours toi. Je t’aime tellement, et je ne sais pas quoi faire de ça. ».

On a aperçu plusieurs fois Shane qui écoutait, très attentif, très ému aussi, alors même qu’au plus fort de son discours, la voix d’Ilya lui parvenait sans la déformation propre de leurs téléphones, comme si,vraiment, il était près de lui. L’air de piano s’arrête. Shane rouvre les yeux et lui demande si ça va mieux. Ilya confirme et le remercie. Malgré tout, il ne peut assumer en anglais ce qu’il vient d’assumer dans sa langue. Quand Shane lui dit qu’il pourrait lui apprendre le russe, il répond en lui proposant des phrases coquines. Shane rigole, puis lui répond avec une infinie douceur ce qu’il penserait de « Je voudrais que tu sois là, maintenant. » ? Ilya répond, mais en russe « Je voudrais, moi aussi. », avant de reprendre son chemin : il va sortir du tunnel, alors qu’un autre air de piano l’accompagne. Un air qu’on a entendu à la fin de l’épisode 1, quand il est resté, seul, sur la terrasse après le départ du Shane.

Une semaine plus tard, leurs deux équipes se font face sur la patinoire de Montréal.

Lors du face à face de lancement de jeu, les deux amants, qui se sont prévus leur habituel petit after, se regardent, se sourient, entrechoquent leurs crosses et j’imagine trop l’arbitre qui est là se dire que ces deux-là n’en peuvent déjà plus de se battre alors qu’il n’y a là qu’un jeu amoureux entre deux hommes qui ne se retrouvent jamais tant que sur la glace, dès lors qu’ils ne sont pas dans un lit, bien sûr.

Shane chope le palet et file, Ilya se lance à sa poursuite, évidemment, mais Shane commet l’erreur de débutant de se tourner pour lui sourire. Le visage d’Ilya se décompose. Il a vu, lui, son ami Cliff qui arrivait en face et que Shane percute donc de plein fouet.

Le capitaine de Montréal ne se relève pas. Hayden se jette à la gorge de Cliff, Ilya demande qu’on lui dise si Shane est conscient alors que les équipes médicales l’évacuent. Bien évidemment, personne ne lui répond. Mais même les commentateurs remarquent à quel point il est choqué, supposant qu’au fil des années, les deux rivaux ont développé un respect sincère l’un pour l’autre.

Ah ça gars, t’as pas idée.

La série ne nous laisse pas le temps de nous inquiéter pour Shane. On le voit sonné, mais conscient, alors qu’il répond à l’ambulancier qui veut le maintenir éveillé. Shane demande qu’on « le » prévienne car « il » va s’inquiéter. L’homme pense qu’il parle de son père et ne comprend pas quand Shane marmonne qu’il parle d’Ilya. Une transition rapide et nous voilà déjà le lendemain, dans sa chambre d’hôpital, où Ilya va discrètement venir lui rendre visite.

Pause.

Nous n’avons pas eu le temps de nous inquiéter pour Shane. Pas Ilya.

Ilya, qui a perdu sa mère des années auparavant, qui vient d’enterrer son père, qui est persona non grata auprès des siens, qui n’a quasi plus personne, qui vient aussi d’admettre, après quasi une décennie, qu’il y a peut-être plus intéressant, bien plus intéressant à faire avec Shane que juste s’envoyer en l’air quand ils se croisent, vient de voir ce dernier tomber sans qu’il ait aucun moyen de savoir à quel point c’est grave. Et il a dû reprendre le match, le finir, supporter l’après, les vestiaires, les remarques, peut-être, de certains de ces coéquipiers que l’élimination de ce rival de la coupe ne pouvait que réjouir, et attendre toute une nuit avant d’enfin, pouvoir aller à l’hôpital et y avoir des réponses.

C’est donc tendu, au bord des larmes (oui, ils sont souvent au bord des larmes dans cet épisode, j’y peux rien !), qu’il entre dans la chambre où Shane, complètement défoncé aux médocs, l’accueille avec un immense sourire. Cette scène est un incroyable patchwork émotionnel. Elle devait être plus sérieuse, apparemment, mais l’interprétation d’Hudson Williams est juste géniale. S’il y a une scène, une seule, qu’il faut voir en VO dans cette série, c’est celle-là. Je vous jure, je voudrais qu’il existe un prix du meilleur acteur dans le rôle d’un sportif défoncé à l’hosto juste pour pouvoir le lui remettre ! Il réussit le tour de force d’être à la fois très drôle et invraisemblablement touchant, face à un Connor Storrie aussi bouleversé que bouleversant. Désinhibé, Shane, après avoir expliqué que ce n’est pas si grave, avoir accepté les excuses de Cliff que lui transmet Ilya, se rend compte de l’émotion qui submerge son ami, comme quelques semaines plus tôt, à Tampa Bay. Mais il ne peut pas le prendre dans ses bras pour le rassurer, il va donc tendre sa main pour l’inciter à le rejoindre. Ilya obtempère, même si visiblement un peu gêné, conscient, lui, que n’importe qui pourrait les surprendre. Il prend pourtant la main tendue, caresse du bout des doigts la joue de Shane, reconnaît qu’il a eu peur.

Ilya commence a exprimer ses émotions, les gens. La fin du monde est proche !

Shane le regarde avec tout son amour, ses yeux ne brillant pas qu’à cause des antidouleurs, et lui dit qu’il avait prévu de lui demander quelque chose la veille. Ilya ne parvient pas à lui couper la parole, Shane se lance sans s’interrompre pour l’inviter à venir dans son cottage l’été suivant, lui disant de ne pas aller en Russie, de venir chez lui, à l’abri des regards, pour y passer une ou deux semaines, seuls, tous les deux.

Traduction.

Ilya, je t’aime. Je veux que tu aies une vraie place dans ma vraie vie. Pas entre deux portes, pas dans une chambre d’hôtel. Je te veux avec moi, dans la réalité, dans l’endroit que je préfère au monde.

Ilya a tenté de lui dire que c’était impossible, mais il ne parvient pas à refuser, pas devant ce visage qui n’est qu’amour pour lui. Il répond donc peut-être avec un sourire un peu forcé et c’est tout ce qu’il a le temps de faire avant qu’une infirmière ne rentre dans la chambre.

Le petit « Oh no. » de Shane est absolument adorable, Ilya reprend son masque illico, répondant à la jeune femme : « Non, mais bonne idée. » quand elle lui demande s’il n’est pas venu achever Shane, qui se reprend aussi comme il peut. C’est en rivaux polis qu’ils se saluent, Ilya repart, non sans faire un bizou de loin à son amant avant de sortir, profitant que l’intruse ne le regarde pas.

Easter egg le plus drôle de la série : on a vu plusieurs fois l’écran des constantes de Shane, ce qui, déjà, nous a permis de constater que son cœur s’accélérait en présence d’Ilya, cliché, mais lol, mais encore plus gros lol lorsque, quand son cœur ralentit, le chiffre s’arrête sur 81… Le numéro du maillot d’Ilya. ^^

Nous sautons en mai, où Shane finit sa convalescence dans le cottage de ses parents. On le voit au téléphone avec Rose, où on constate qu’ils sont, comme souhaité, devenus de très bon amis. L’échange est drôle et sincère et Rose est définitivement une super nana, soutenante et bienveillante. ^^

Shane suit la compétition pour la coupe, dont, sans surprise, son équipe, sans lui, a été éliminée. New-York et Boston s’affrontent et Yuna, la mère de Shane, constate qu’Ilya joue blessé, après qu’un plaquage en règle de Scott contre la paroi ne le montre effectivement pas repartir très vivement. Comme David, le père de Shane, les invite à venir à table pour fêter la défaite de Boston, Yuna admet moins détester Ilya, puisqu’il a rendu visite à Shane à l’hôpital. New-York l’a emporté, Yuna se réjouit pour Scott, disant que c’est son année.

Elle a raison, et même si Ilya en est tout grognon, une semaine plus tard, New-York bat San-Francisco et gagne la coupe.

Ilya regarde le match de chez lui avec Svetlana et quelques amis, visiblement occupé à préparer ses bagages pour rentrer passer l’été en Russie malgré tout. Shane est toujours chez ses parents. Les deux amants se textotent. Ilya est chafouin, on devine Shane plus content, il aime bien Scott, mais aucun des deux n’est prêt pour ce qui va suivre.

Première victoire de New-York depuis 28 ans. Scott a de quoi être fier, quand il soulève la coupe sous les cris de joie de la foule. On aperçoit Kip dans les gradins, avec Elena et son père.

La coupe passe aux coéquipiers, les proches des joueurs entrent sur la glace pour les rejoindre, alors que commence une chanson qu’on avait entendu en sourdine au début de l’épisode 3 et que je vous avais demandé de garder en tête. Une chanson qui dit « Give me your eyes, I need sunshine. » (« Donne-moi tes yeux, j’ai besoin de soleil. ») et qui n’est plus du tout en sourdine.

Scott n’a pas de proches, il est donc seul sur la glace, mais il sait qui est là, dans les gradins, parce qu’il ne fait aucun doute que c’est lui, encore, qui leur a offert ces places qu’il ne peut offrir à personne d’autre. On le voit n’hésiter qu’un instant, avant de s’éloigner un peu de ses camarades pour faire signe à Kip de le rejoindre. La chanson continue, qui parle d’amour, de peur, de courage, d’y croire, de partager une vie. J’adorerais vous la traduire, mais je suis déjà à 11 pages word, là. ^^ »’ Kip y va, alors que tout le monde se demande ce qui se passe. Les commentateurs, bien sûr, mais aussi et surtout Shane et Ilya, qui s’interrogent par textos.

Kip rejoint Scott et lui dit qu’il n’est pas obligé. Et Scott lui répond que si.

Quelques secondes plus tard, les deux hommes s’étreignent et s’embrassent devant le monde entier, ou leur monde, en tout cas. La caméra les encercle complètement, ils sont ensemble.

Et oui, tout l’épisode 3 ne conduisait qu’à ça, mais quel ça ! Bien sûr que cette scène aurait aussi fonctionné dans l’histoire principale, sans qu’on ait tous les détails, mais osez dire que vous auriez eu la même joie, ressenti le même bonheur pour eux, si nous n’aviez pas su d’où ils venaient et ce qu’ils avaient traversé !

Shane et ses parents en restent comme deux ronds de flan, alors que le commentateur note sobrement qu’on ne voit pas ça tous les jours et que la foule est en délire.

Mais même pas le temps d’aller chercher le champomy, car ce n’est pas fini.

Si la caméra encercle et protège Scott et Kip, qui se sont trouvés, ses mouvement mettent par contre Shane et Ilya face à face. On voit le Russe, qui fixait l’écran avec une expression assez indéchiffrable, se lever brutalement et passer un appel dès qu’il est hors d’oreilles de ses hôtes.

Scott vient de lui hurler que c’était possible. Sans même le savoir, Scott, qui doit sûrement sa victoire aux blessures des deux autres capitaines, vient de leur renvoyer l’ascenseur de la plus belle et miraculeuse des façons.

Regardez, c’est possible.

Électrochoc salutaire, ô combien salutaire, pour le Russe. Le dernier qu’il fallait.

Ilya appelait bien évidemment Shane qui quitte immédiatement le canapé familial pour lui répondre, mais, si lui est juste heureux de ce qu’il vient de voir, Ilya ne lui laisse pas le temps de finir sa phrase, le coupant d’un « Je viens au cottage. » qui laisse Shane sans voix.

Fin de l’épisode. Premier cliffhanger positif.

On peut donc enfin respirer, après le final incroyable de double montée en tension et double pay-off portée par une réalisation et une écriture totalement maîtrisées et des acteurs encore une fois absolument bluffants de bout en bout.

Meilleur épisode de la série, je ne sais pas. Le plus intense, sans aucun doute, et comme je le disais en intro, des montagnes russes émotionnelles nous faisant passer du rire au larmes avec une fluidité, un naturel, qui force le respect. Et bon sang, mais quel talent chez ces acteurs, Hudson Williams et Connor Storrie en tête, bien sûr, mais vraiment, y en a pas un qui sonne faux à aucun moment, c’est fou comme l’immersion est totale et que rien n’en sort.

Bref, cette news est beaucoup trop longue !!! Mais n’hésitez pas à me dire ce que vous pensez de tout ça dans les comm’. ^^

Et on se retrouve la semaine prochaine pour le dernier épisode et le chapitre 151 du Petit Papillon. 🙂

Prenez soin de vous !

À bientôt tout le monde ! 😊

 

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