De Fer et de Sang 03 : Ne bougez pas, les secours arrivent…

Disclaimer : Les persos ne sont pas à moi blabla, ils sont à Clamp et à Hajime Yatate et Yoshiyuki Tomino.

De Fer et de Sang 03

Ne bougez pas, les secours arrivent…

Le professeur Mina Syriane était assis à son bureau et lisait les résultats des analyses sanguines et génétiques du nouveau jouet de ses chefs avec intérêt, en buvant une tasse de thé aux épices.

La vérité était que cette jeune surdouée était de loin le meilleur élément de ce labo spatial. Sauf qu’elle avait deux défauts majeurs aux yeux des responsables de ce dernier : c’était une femme et elle avait 23 ans. Ils l’avaient donc mise à un poste subalterne et lui confiaient des tâches ingrates. Vu son salaire, elle s’en foutait. Être payée à quasi-rien faire, ça lui allait plutôt.

Mina n’aimait pas du tout les boulots que leur confiait leur nouveau maître A-Laws et il arrivait fréquemment qu’elle les plante. En toute impunité en plus, car l’incompétence (et l’orgueil) de ses collègues était telle qu’ils ne se rendaient pas compte des incohérences ou des erreurs dans les heures ou les délais d’analyse. Elle préparait sa lettre de démission lorsque ce nouveau « cas » était arrivé.

Une histoire de fou…

D’après la femme, les enfants et les terroristes attrapés avec lui, il s’appelait Fye. Un homme d’une trentaine d’années visiblement, type caucasien nordique, très mince, très beau… Et qui avait mis en charpie une trentaine de robots mitrailleurs en faisant jaillir de ses mains des espèces de lignes de lettres dorées. La suite n’était pas moins dingue : récupéré inconscient et enfermé avec la femme et les enfants dans une cellule des vaisseaux d’A-Laws, il avait été interrogé avec le tact habituel des militaires de l’organisation… Son état lorsqu’ils l’avaient apporté au labo en témoignait, il aurait quasi pu jouer une momie dans une série Z. Apparemment, il ne comprenait pas ce qu’on lui disait et parlait dans une langue que personne n’avait pu identifier. Toujours était-il qu’il s’était laissé torturer sans résister.

Par contre, lorsque les soldats l’avaient ramené dans la cellule, l’un d’eux avait eu la très mauvaise idée de frapper la femme qui s’était précipitée pour lui venir en aide après qu’ils l’aient jeté au sol.

D’où avait-il eu la force de se relever ? C’était juste impossible dans son état. Mais il l’avait fait. Et un de ses rayons avait juste repeint le mur de la cellule du sang de ce soldat en soin intensif depuis. Personne ne savait ce qu’il lui avait crié. Quelque chose comme « arrête » ou « pas touche » sans doute. Et si les caméras internes des robots puis celles de la cellule n’avaient pas tout filmé, elle-même n’y aurait jamais cru.

Bien évidemment, A-Laws voulait maintenant savoir comment ce type faisait ça et comment on pouvait le copier sur leurs soldats.

Elle posa sa tasse sur son bureau. Il fallait empêcher ça, mais la surveillance des militaires s’était renforcée, ça allait être chaud.

Cet homme était un humain, les analyses étaient formelles. Tout comme elles étaient formelles sur le fait qu’il ne pouvait être rattaché à aucune ethnie connue de quelques pays ou époque que ce soit.

Elle se leva et alla dans la salle voisine regarder, attaché nu sur une table et inconscient, car drogué comme un cheval, ce drôle de type. Elle se demandait quoi faire lorsqu’un de ses chefs entra :

« Ah, Syriane? Vous avez les résultats ?

– Oui. »

Elle lui tendit les feuilles. Il les survola et grogna :

« Bizarre. Bon ! Il nous faut dépiauter son génome, j’en ai peur. Vous pourriez faire des embryons pour qu’on puisse voir ça ?

– Le cloner ? D’accord, je m’en charge. »

Très facile à planter ça, un clonage. Ça allait lui faire gagner un peu de temps.

*********

Shaolan s’écria joyeusement :

« Ouais ! Bravo Kurogane ! »

Au centre de la salle d’entraînement, sur les tatamis, Kurogane, torse et pieds nus, regardait Allelujah, au sol devant lui. L’issue du duel avait été incertaine un moment. Le jeune Gundam Meister était bien plus souple et agile que le ninja, mais nettement moins grand et fort et surtout, malgré tout moins expérimenté au corps à corps. Sur le bord du tapis, Lockon, Setsuna, Marie et Tiera regardaient la scène avec intérêt. Assis à califourchon sur un cheval d’arçon à côté, Mokona avec lui, Shaolan applaudit alors que Kurogane tendait la main à Allelujah pour l’aider à se redresser :

« Ça va ?

– Où est-ce que tu as appris à te battre ? demanda le garçon en saisissant sa main, curieux.

– J’ai eu de nombreux maîtres d’armes depuis mes 3 ans, répondit le ninja en le relevant. Tu es très doué aussi. Si je puis me permettre un conseil, tes appuis sont un peu faibles. Surtout ta jambe gauche.

– Une vieille blessure… »

Allelujah rejoignit le bord du tatami et prit la serviette que lui tendait sa compagne. Setsuna, lui, s’avança vers Kurogane :

« Me feras-tu l’honneur ?

– Avec plaisir. »

Le duel fut long et devait rester inachevé. Des quatre Gundam Meisters, Setsuna était le meilleur au corps à corps et la différence de niveau était notable, même par rapport à Allelujah. Lui compensait parfaitement les muscles et les centimètres en rapidité et agilité. Tous étaient impressionnés par le niveau du combat.

L’arrivée de Klaus et Sumeragi interrompit le duel, à la grande déception des spectateurs.

Kurogane et Setsuna stoppèrent leur mouvement en un battement de cils, le pied de Setsuna à quelques centimètres de la gorge de Kurogane ou plutôt de son bras métallique qui s’apprêtait à parer le coup, alors que sa main droite allait contre-attaquer.

Sumeragi et Klaus eurent un instant de stupeur devant ce spectacle. Kurogane et Setsuna échangèrent un regard et arrêtèrent là, alors que Tiera interpelait les nouveaux arrivants :

« Du nouveau ?

– Nous serons à la base spatiale dans environ sept heures, répondit Klaus. Shirin m’a dit qu’ils nous attendaient pour un briefing immédiat. Apparemment, ils savent où sont les prisonniers.

– Katharon demande notre aide, enchaina Sumeragi. Apparemment, l’endroit n’est pas des plus faciles à attaquer… Il y a des chances que nous bougions très vite dès qu’on aura les infos, donc reposez-vous d’ici là. Euh, Kurogane, Shaolan ? Il faudra voir ce que vous pouvez faire.

– Shaolan, rien, répondit Kurogane.

– Mais… » tenta le garçon.

Kurogane lui jeta un regard sévère :

« Tu t’es pris une rafale dans le ventre il y a moins de quatre jours, toi. Donc, tu me laisses la main ou je t’attache quelque part. Et Mokona, tu restes avec lui.

– d’accord… » dit la petite bête.

Elle sauta en deux bonds dans la main de métal :

« Tu feras attention, hein ?

– Oui. Et je ramènerais Fye. Mais vous, vous restez à l’abri.

– Mais !… pensa soudain la peluche. Tu ne vas pas les comprendre, si je ne viens pas…

– On s’arrangera pour ça.

– QUOI ?! »

Cette fois, Shaolan n’était vraiment pas d’accord :

« Attends, elle a raison, là, comment tu feras si tu les comprends pas ? »

Autour d’eux, les autres échangeaient des regards dubitatifs. En cinq jours en compagnie de ce drôle de trio, ils commençaient à s’habituer à leurs bizarreries. À ce titre, la vitesse de guérison de Shaolan avait d’ailleurs fini de convaincre les quelques magico-sceptiques du vaisseau.

Le regard sombre du grand ninja affronta celui de son jeune ami, puis il répondit sur un ton qui n’acceptait aucune réplique :

« J’ai dit, on s’arrangera pour ça. Vous, vous restez ici et si on revient pas, vous foutez le camp de ce monde. Quelqu’un t’attend, Shaolan, vous attend. N’oublie pas ça.

– Toi aussi, quelqu’un t’attend, bordel !

– Ma princesse vivra sans moi. Pas Sakura sans toi. »

Le coup de poing de Shaolan manqua de peu de faire exploser le bois du cheval d’arçon. Kurogane ne s’en émut pas.

« Je compte sur toi, Mokona. Et sur vous tous si cet idiot tente quelque chose malgré tout. »

Setsuna fut le premier à hocher la tête :

« Tu peux. »

Et ce fut tout ce qu’il eut le temps de dire avant que Shaolan n’ait un spasme et ne soit brusquement soulevé en l’air, entouré d’une espèce de bulle qui scintillait comme une multitude de minuscules flammes.

« Qu’est-ce que c’est encore que ça ! s’écria Lockon alors qu’Allelujah poussait par réflexe Marie derrière lui.

– Ça faisait longtemps… » dit Mokona.

Setsuna s’approcha un peu :

« Il va bien ?

– Oui, oui. Quelqu’un est juste en train de lui expliquer deux-trois trucs, répondit Kurogane avec calme. Je suis surpris qu’il ait été si patient, d’ailleurs…

– De qui tu parles ? demanda encore Setsuna en revenant vers lui.

– Shaolan porte l’esprit de son père en lui… Le plus souvent, il est en sommeil, mais quand Shaolan ressent des émotions violentes, ça le réveille…

– Et il n’aime pas quand Shaolan est en colère, ajouta Mokona.

– Quelqu’un a pensé à noter tout ce qu’ils nous ont raconté depuis qu’ils sont là ? rigola Klaus.

– Ça vaudrait le coup… » opina Klaus.

Shaolan avait été inspiré à l’intérieur de lui-même par une force à la fois très ferme et très aimante, qu’il connaissait bien. Il eut comme à chaque fois la vision de ruines sur une butte couverte de fleurs blanches.

Assis sur un muret, une silhouette qui présentement lui tournait le dos, son père tel qu’il était gravé dans sa mémoire du jour où il l’avait quitté, un homme de 26 ans au regard bien plus vieux que cet âge.

Shaolan courut vers lui dès que ses pieds touchèrent le sol de fleurs:

« PÈRE ! »

L’homme tourna la tête et lui sourit avec douceur :

« Bonjour, mon petit. Qu’est-ce qui se passe ? Je t’ai rarement senti aussi en colère ? »

Shaolan s’assit près de lui et lui expliqua raidement la situation. Son père lui dit doucement après un silence :

« Il a raison, Shaolan.

– Je sais… soupira le jeune homme avant de s’écrier, poings serrés : Je sais ! … C’est juste…

– Trop dur de les attendre ? »

Shaolan soupira encore puis hocha rapidement la tête. Son père sourit à nouveau :

« Oui, c’est très dur d’attendre. Mais eux l’ont fait pour toi et pour moi, plusieurs fois, aussi dur que ça ait été, parce qu’on leur avait promis de revenir et qu’ils nous ont fait confiance. Kurogane a raison, tu n’es pas en état d’y aller et tu n’es pas obligé, pour une fois, il y a un endroit où tu peux attendre à l’abri et assez de combattants pour palier ton absence. Et Mokona doit rester avec toi. »

Shaolan grimaça. Son père passa un bras protecteur autour de ses épaules :

« Fais-lui confiance, Shaolan. On parle de Kurogane, là, du roc sur lequel on s’est tous appuyé à un moment ou un autre, du seul d’entre nous qui n’ait jamais vacillé, jamais hésité, qui a toujours tout donné pour chacun de nous !… Il s’est coupé un bras pour Fye…§ Tu sais ce qu’il y a entre eux, même s’ils ne savent pas encore vraiment eux-mêmes… »

Cette dernière remarque, un rien goguenarde, les fit rire tous deux. Shaolan opina vivement :

« Franchement, y a des jours où je me demande s’ils vont y arriver ! »

Son père haussa les épaules en le lâchant :

« Laisse-leur le temps. Ils ont été seuls très longtemps. Ce n’est pas si facile de se donner, tu sais.

– C’est vrai qu’ils reviennent de loin tous les deux…

– Tu sais que Kurogane n’abandonnera jamais Fye. Fais-lui confiance, Shaolan. Il reviendra. Il reviendra avec Fye. »

Shaolan rigola alors qu’une main affectueuse l’ébouriffait.

« OK ?

– OK.

– Alors, retournes-y vite et salue-les pour moi. Et dis çà notre grand ninja qu’il a intérêt à prendre un peu plus soin de son mage.

– D’accord ! »

Ils se levèrent et s’étreignirent.

« Au revoir, mon petit.

– À très bientôt, Père. »

Dans la salle d’entraînement, tous virent la boule disparaître et Shaolan se reposer doucement sur le cheval d’arçon. Il s’appuya sur ses bras pour ne pas tomber, un peu vague. Mokona bondit vers lui :

« Ça va ?!

– Oui, oui… Bien secoué, comme à chaque fois… »

Il regarda Kurogane avec un sourire :

« Il vous salue. Il m’a dit de te faire confiance… Et que tu avais intérêt à prendre un peu plus soin de ton mage. »

Kurogane haussa un sourcil surpris :

« ‘Mon’ ? »

Sans remarquer le sourire qui passa sur les lèvres de Setsuna, Lockon et Klaus.

Après quelques heures de sommeil, le Ptoleméus se posait dans la base spatiale de Katharon. Shirin et d’autres dirigeants de la résistance les attendaient de pied ferme.

Pendant que Klaus et Shirin échangeaient un baiser plus que passionné sous les sifflements et les hourras des leurs, Kurogane, Shaolan et Mokona regardaient le grand hangar avec curiosité. Setsuna et ses camarades attendaient eux tranquillement que les retrouvailles passent, en saluant déjà leurs connaissances.

Un peu plus tard, les quatre Gundam Meisters, Marie, Sumeragi, Klaus, Shirin, Matt, Alex et d’autres officiers de Katharon se rassemblèrent dans une salle de réunion avec Kurogane, Mokona et Shaolan.

Ce dernier s’assit immédiatement, encore fatigué. Shirin commença à exposer les informations :

« Nous avons la localisation, le plan et les effectifs approximatifs de la base où nos sept camarades, Marina, les six enfants et votre ami sont depuis trois jours.

– Parfait, beau travail, commenta sobrement Klaus.

– Il s’agit de la base spatiale de Snassa…

– SNASSA ?! »

Le cri était sorti dans un ensemble parfait des bouches de Marie et d’Allelujah. Tous les regardèrent et virent le Gundam Meister blafard et sa compagne vacille, les mains sur la bouche. Lockon la saisit par le bras pour le soutenir :

« Eh !… Qu’est-ce qu’il y a, vous deux ?

– Snassa… C’est un laboratoire… » balbutia-t-elle.

Allelujah souffla un coup et secoua la tête comme pour remettre ses idées en place :

« C’est un des labos où ils expérimentaient sur nous…

– Il faut aller les chercher tout de suite ! » s’écria encore Marie.

Allelujah la prit dans ses bras. Il y eut un silence que Shaolan interrompit en levant une main :

« Explication s’il plait à quelqu’un ? »

Setsuna, l’air grave, lui jeta un œil :

« Allelujah et Marie sont ce qu’on appelle ici des ‘soldats améliorés’. Grosso modo, des gens les ont un peu trafiqués pour améliorer leurs capacités…

– j’imagine que ce n’est pas sans dommage ? Grogna Shaolan.

– Tu imagines bien.

– Si j’ai suivi, intervint Kurogane, on a affaire à des gens qui font des expériences sur des humains ?

– C’est ça.

– De plus en plus sympathiques, vos ennemis, soupira encore Shaolan.

Nos ennemis. » le corrigea Kurogane. »

Shaolan eut un sourire et opina :

« Nos ennemis, tu as raison. Fye dans un laboratoire… Tu penses à ce que je pense, Kurogane ?

– Des expériences sur lui ? J’espère pour eux que non. »

Cette dernière phrase avait été dite avec un calme qui fit froid dans le dos à tous alors que le ninja croisait les bras. Kurogane n’était pas un homme à contrarier… Tous les savaient désormais.

Sumeragi hocha la tête et dit :

« Je propose en nettoyage en règle.

– On rase ? La relança Lockon.

– On anéantit, confirma-t-elle. On évacue tous les prisonniers et on bombarde.

– Avec plaisir ! » approuva Shirin.

Si la stratégie n’était pas le fort de Shaolan ni de Mokona, Kurogane suivait par contre assez bien et il fut d’ailleurs assez vite le nez sur les plans avec d’autres. Lorsque Sumeragi s’étonna de la pertinence de ses remarques, il répondit avec un haussement d’épaules :

« Prendre d’assaut une base, c’est pareil avec n’importe quelle base… C’est pas parce qu’on est dans les étoiles que ça change quoi que ce soit… »

Lorsqu’ils firent une pause au bout de deux heures de préparation, le grand ninja accepta volontiers d’aller faire du café avec Marie, Tiera et Matt. C’est à ce moment que Lockon et Klaus s’approchèrent de Shaolan qui s’amusait à faire sauter Mokona sur ses genoux.

« Eh, on peut te demander un truc vite fait, pendant que ton pote est pas là ? demanda l’Irlandais tout bas en se penchant vers lui.

Mokona cessa de sauter alors que Shaolan répondait, intrigué :

« Bien sûr…

– On se demandait, commença Klaus en s’accroupissant près d’eux. Kurogane et… Fye, c’est ça ?… Ils sont ensemble ? »

Shaolan éclata de rire et Mokona avec lui. Alors que le jeune homme se calmait, Mokona sautilla :

« C’est un secret ! Faut pas leur dire !

– Pardon ? » sursauta Lockon.

Shaolan s’était repris :

« Alors en fait, oui sauf que non !

-C’est à dire ?

– Qu’officiellement, non, il n’y a rien entre eux. Si vous leur demandez, ils vont vous dire non.

– Ils assument pas ? s’étonna Klaus.

– C’est pas ça… En fait, il n’y a vraiment jamais eu entre eux… Mais ils s’aiment, ça, ça crève les yeux de tout le monde… En gros, ajouta-t-il devant les mines sceptiques de ses vis-à-vis, ils sont ensemble… Et ils sont les seuls à ne pas le savoir ! »

Lockon rigola alors que Klaus gloussait :

« Alors celle-là elle est bonne!

– Mais euh, ils sont idiots ou quoi?…

– Non, chat échaudé craint l’eau froide…. Tout simplement. » répondit Shaolan avec un sourire.

Ils durent s’en tenir là sur le sujet, car Kurogane revenait avec les autres, portant un plateau de tasses.

« … Il faudra voir, disait-il à Tiera. Je me suis déjà servi d’armes à feu. Ce n’est pas ma spécialité, mais je peux faire avec. Après, je ne connais pas celles d’ici…

– On verra avec Lockon et Klaus, puisque tu seras avec eux. Il faudra que vous vous complétiez…

– Il faudra aussi mettre au point un code pour qu’on puisse communiquer un minimum,,,

– Tu es vraiment sûr que tu ne les comprendras plus ? »

le grand ninja posa le plateau sur une des tables :

« Certain. Ça nous est déjà arrivé plusieurs fois. »

Le plan d’action en lui-même était simple. Attaque de deux Gundams soutenus par trois vaisseaux de combat de Katharon d’un côté de la base, abordage de l’autre avec cinq plus petits vaisseaux, infiltration, évacuation des prisonniers et après ça, les vaisseaux, les Ptoleméus et les quatre Gundams faisaient un beau nettoyage par le vide.

Les groupes d’infiltration étaient au nombre de six, composés chacun de trois personnes et Kurogane se retrouvait donc avec Lockon et Klaus. Il avait accepté de faire avec eux une partie un peu délicate de l’opération, infiltrer les labos eux-mêmes et les miner. Il laissait à Setsuna et les autres le soin de vider les cellules et d’évacuer les prisonniers. À l’heure « matinale » où ils allaient attaquer, les expériences n’avaient normalement pas commencé.

Quelques heures plus tard, équipés et prêts, les vaisseaux s’apprêtaient à quitter la base.

Shaolan, Mokona sur l’épaule, regardait Kurogane, tout de noir vêtu, bottes, pantalon de toile épaisse, débardeur, mitaine en cuir à la main droite et un bandeau autour du front.le garçon dit :

« Mokona, donne-moi Ginryu, s’il te plait. »

La peluche obéit sans comprendre. Shaolan prit le sabre et s’approcha de son ami, souriant :

« Tu sais à quoi je pensais…

– Non ?

– Qu’il ne te manque que le collier à pointes et la chaine pour retourner jouer aux échecs à Infinity… »

Kurogane eut un sourire et Mokona aussi. Le grand ninja hocha la tête :

« Une autre fois…

– Tu n’emmènes pas Ginryu ?

– J’aimerais bien, mais il va m’encombrer.

– Je peux régler ça. Donne ton bras ? »

Kurogane obéit sans perdre son sourire :

« J’ignorais que tu savais faire ça. Ce n’est pas ton père qui avait scellé ton épée dans ton bras ? »

Il regarda les arabesques mauves sortir des deux doigts dressés de son ami, se lover autour de son bras et de son sabre et fondre doucement le second dans le premier avant de s’évaporer dans l’air. Le garçon passa sa main dans ses cheveux et haussa les épaules :

« On en avait reparlé, un jour, avec Fye, il m’avait appris. Tu devrais pouvoir le sortir et le rentrer comme tu voudras.

– Tu permets que j’essaye ?

– Vas-y. »

Kurogane fit apparaître et disparaître le sabre dans sa main.

« Parfait. »

Ce n’est qu’à ce moment qu’ils réalisèrent que beaucoup de gens les regardaient, partagés entre la stupeur et la peur.

« Oups… rigola Shaolan. Certains n’étaient pas au courant ?… »

Kurogane eut un sourire en jetant un regard circulaire et ébouriffa Shaolan d’une main et Mokona de l’autre :

« Vous allez avoir des choses à raconter en nous attendant. »

Shaolan tendit son poing à Kurogane :

« Dépêchez-vous de revenir. »

Kurogane hocha la tête et frappa légèrement son poing avec le sien :

« À tout à l’heure. »

*********

Mina Syriane était comme d’habitude la première au labo… Et pour cause ce jour-là, elle s’était endormie dans son bureau la veille…

Elle se réveilla vers 7h, grogna et alla se faire un café. Ah oui, elle devait vérifier que le clonage avait échoué… Normalement, la solution nutritive était un peu trop acide pour les embryons… Mais avant tout, aller voir comment le grand blond allait. Elle savait que ces connards l’avaient laissé attaché à sa table de fer, trop fainéants pour le ramener dans sa cellule pour la nuit.

La salle était vide, bien sûr, et lui toujours inconscient, nu sur la table. Elle alluma les lampes et s’approcha, sa tasse à la main.

« Salut. »

Elle but une gorgée. Puis vérifia son pouls et toucha ses mains et ses pieds. Glacés.

« Je vais te chercher une couverture… »

Elle retourna dans sa chambre, qui n’était pas loin, prendre une vieille couverture militaire rêche et la ramena. Elle le recouvrit :

« Vala… J’ai que ça, désolée si ça te gratte, hein… »

Elle regarda le visage pâle et grimaça. Il y avait des officiers d’A-Laws présents depuis quelques jours et qui les surveillaient de près… Les tromper serait de plus en plus dur… Elle retourna à son bureau reposer sa tasse et passa dans la salle voisine, voir le grand tube d’un mètre de diamètre sur deux de haut, pour l’instant opaque, dans lequel les embryons avaient dû mourir…

Elle regarda l’ordinateur. Ce dernier lui indiqua, à sa grande, surprise, qu’un des 12 embryons avait survécu.

Elle resta bête un instant. Puis sourit et appuya sur la touche qui allait rendre de verre transparent:

« Si tu as tenu bon, toi, je t’épargne… » dit-elle avant de se retourner vers le tube.

Elle manqua de tomber assise au sol, les yeux exorbités :

« Qu’est-ce que … ?… Qu’est-ce que tu fais là, toi ?… »

Entendant des voix dans le labo, dont celle de cette ordure de colonel Rindt, et de deux de ses supérieurs à elle, elle regarda l’intérieur du caisson :

« À mon avis, faut mieux pas qu’ils te trouvent… Euh, bouge pas hein ! Je vais trouver un truc… »

Elle sortit en refermant la porte à double tour. Gagner du temps… Gagner du temps…

« Il est ici, venez, colonel… » entendit-elle.

Elle inspira un grand coup avant de les rejoindre.

Elle resta sagement silencieuse à les écouter, répondit quand on lui demanda que le clonage suivait son cours et que c’était elle qui avait mis la couverture.

« Refaites-lui une piqure, il ne faudrait pas qu’il se réveille. »

Elle opina.

« Bien, venez, colonel. Le petit déjeuner nous attend… »

Ils partirent et elle entendit le colonel dire avec sa suffisante puante :

« Il n’est pourtant pas très impressionnant… »

Elle eut un sourire et songea :

« Je crois qu’il t’impressionnera plus réveillé… »

Elle « oublia » donc de faire la piqure et retourna dans la salle de clonage. Prise dans ses pensées, elle ne referma pas la porte et alla directement vers le caisson.

« Rebonjour… »

Elle donna deux petits coups sur la vitre. Comme elle le redoutait, il ouvrit les yeux et bougea la tête. Il semblait vague… mais bel et bien conscient. Comme surpris d’être là…

Elle appuya sa main sur le dossier de la chaise posée là et sursauta en sentant une arme dans son dos. Elle jura entre ses dents en entendant la voix de Rindt :

« Pouvez-vous m’expliquer pourquoi vous n’avez pas drogué le sujet comme on vous l’a ordonné, mademoiselle ?

– Oups. Aurais-je oublié les caméras de surveillance, quelle tête en l’air je fais…

– Effectivement. »

Elle ne bougea pas alors que ses yeux ne lâchaient pas les yeux bleus qui la fixaient toujours de l’intérieur du caisson, un peu plus réveillés.

« Je vous félicite, vous avez réussi à foutre en l’air des mois d’expérience ici…

– Oh, vous me flattez… C’était facile.

– Puis-je savoir à quel groupe de terroristes vous appartenez ?

– Aucun. Je suis fondamentalement individualiste… Et j’ai pas besoin de ça pour ne pas être d’accord avec vous. »

Il ricana :

« Vous pensez que je vais avalez ça ?

– Non, vous êtes bien trop con pour me prendre au sérieux…commença-t-elle et dès que l’injure eut fait son effet, à savoir le faire sursauter et donc bouger l’arme de son dos, elle ajouta en saisissant la chaise pour lui balancer en peine tête : Et vous avez tort ! »

Le coup l’expédia hors de la salle et elle verrouilla la porte avant de pousser une étagère pour la bloquer alors qu’elle l’entendait crier des ordres du dehors.

« Putain mais il sait vraiment rien faire sans vingt-cinq troufions pour lui lécher les pompes ce mec… »

Elle regarda à nouveau ces deux yeux bleus, cette fois apeurés, dans le caisson.

« Bon, commençons par te sortir de là… »

Elle se gratta la tête et allait taper les codes sur l’écran tactile du caisson, finalement presque amusée de la situation, lorsque l’alarme la fit sursauter et paniquer les yeux bleus :

« ALERTE GÉNÉRALE ! NOUS SOMMES ATTAQUÉS !… ALERTE ! TOUS À VOS POSTES DE COMBAT ! »

Elle fit la moue et tapa les codes :

« Je sais pas toi, mais j’ai comme l’impression que les choses se précipitent… »

A suivre…


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