Salut tout le monde !
L’hiver vient faire un dernier petit tour et moi qui me réjouissais du retour de la douceur avec ce qu’il implique pour mes douleurs (du mieux), me revoilà à grommeler en attendant l’arrivée du printemps… Les petites tomates sur mon balcon, issues d’une floraison très tardive cet automne, continuent de mûrir alors qu’il a neigé à quelques dizaines de kilomètres de Lyon… Je n’essaye même plus de chercher un sens à tout ça.
La quête de sens, tiens, voilà une transition toute trouvée, bien qu’involontaire, avec le sujet du jour. Car c’est bien du sens, un sens spirituel en l’occurrence, que recherche le protagoniste du film que j’ai été voir cette semaine, Conclave.
Coproduction anglo-états-unienne, Conclave est un film d’Edward Berger, écrit par Peter Straughan d’après le livre de Robert Harris, que je n’ai pas lu, avec principalement Ralph Fiennes, Stanley Tucci, John Lithgow et Isabella Rossellini. Il y a globalement peu de personnages, le film étant un huis clos se déroulant pendant un conclave.
Petit rappel de culture religieuse. Mes excuses aux personnes qui savent, mais comme j’ai plutôt l’habitude de me heurter à pas mal d’approximations de la part de mes semblables dès qu’on parle de ces sujets, je préfère border un brin.
Je ne pousse pas du tout un soupir à décoiffer douze chauves à chaque fois que j’entends des critiques cinés, ou n’importe qui, d’ailleurs, se prendre les pieds là-dedans, mélangeant allégrement catholiques, protestants, orthodoxes et j’en passe. Je sais que ce n’est pas du jeu puisque mon père était diacre et que ma mère a enseigné le catéchisme pendant 15 ans, et que j’ai moi-même étudié l’histoire religieuse à la fac, mais quand même. Grml. Surtout quand le fait religieux est vraiment un enjeu (réel ou fictif) et que leur méconnaissance du sujet rend le propos de ces personnes bancal, si pas carrément incorrect. Et c’est le cas ici : c’est l’enjeu.
Bref. Donc.
Le conclave est spécifique à l’Église Catholique de Rome. Il s’agit de la réunion du collège des cardinaux, à Rome, en l’occurrence dans la chapelle Sixtine depuis la fin du XIXe siècle, visant à élire le nouveau pape lorsque son prédécesseur décède (ou démissionne, mais ce second cas est rarissime). Cette réunion a pour particularité de se dérouler à huis clos, les cardinaux étant totalement coupés du reste du monde le temps de l’élection, pour éviter toute ingérence extérieure. Ceci remonte au milieu de l’époque médiévale, où les enjeux politiques de cette élection étaient bien plus grands qu’aujourd’hui, et les ingérences des divers souverains européens monnaie courante. Je ne vais plus pas entrer plus dans le détail historique et technique, retenez qu’il s’agit d’enfermer tous les cardinaux catholiques seuls dans la chapelle Sixtine en leur interdisant tout contact avec l’extérieur le temps pour eux d’élire le nouveau pape. C’est donc, dans la réalité, des évènements peu fréquents et dont nous n’avons que très peu de témoignages. Personne d’extérieur n’y a jamais assisté et ça n’a jamais été filmé ni rien. On ignore donc complètement, dans les faits, comment ça se passe réellement.
Ce film est l’adaptation d’un roman britannique, d’un auteur tout à fait respectable et probablement aussi bien documenté que faire se peut, sans doute, mais reste que nous sommes dans une fiction et qui plus est, une fiction qui veut prendre la forme d’une enquête, voire pour certains d’un thriller haletant. Sur ce dernier point, je n’ai pas haleté plus que ça, perso, mais c’est peut-être plus vrai pour le livre. Je serais curieuse de le lire, du coup.
Notre film commence donc, sans surprise, par le décès du pape (étape de base à l’élection de son successeur, vous en conviendrez). Les formalités d’usage effectuées, il incombe au doyen du collège, le cardinal Lawrence, d’organiser et de chapeauter le conclave qui va élire le prochain souverain pontife. Or, il est un peu tristoune, Lawrence, parce qu’il traverse une sérieuse crise de foi, non pas envers Dieu, mais envers l’Église en tant qu’institution, et qu’il voulait démissionner de son poste pour aller finir sa vie ailleurs, probablement dans une communauté monastique plus calme, à fabriquer de la bière ou du fromage, loin du Vatican et de ses magouilles. Sauf que pas de bol, il est toujours là et il va donc devoir retrousser les manches de sa soutane pour gérer tout ce boxon. Et ce n’est rien de dire que le trône de Pierre est convoité et même que certains sont prêts à de sacrés coups bas pour y poser leurs fesses. Entre l’arrivée d’un cardinal inconnu de tous, de sérieux doutes sur certains faits ayant précédé de peu la mort du pape et les dissensions idéologiques réelles qui divisent les cardinaux, notre pauvre Lawrence, qui aspire à une Église plus proche de ses valeurs spirituelles que des bassesses matérielles, va avoir du boulot…
Je suis partagée sur ce film. Il a des qualités indéniables et, pour avoir lu plusieurs analyses très pertinentes sur lui après mon visionnage, je vois très bien ce que certaines personnes y ont vu, et tant mieux pour elles, mais personnellement, je suis plus mitigée. Je m’explique.
Comme je le disais, Conclave n’est pas du tout un mauvais film. Ce n’est en rien le nanar que certains décrivent, pas plus qu’une œuvre ultra-pompeuse qui brasse de l’air pour récolter des statuettes. La réalisation est impeccable, la composition des plans est incroyable de maîtrise, les acteurs sont tous excellents, les décors sont très chouettes, les costumes superbes, la reconstitution de la chapelle Sixtine en studio très impressionnante, la musique colle très bien aux atmosphères… C’est très académique, oui, un peu rigide, peut-être, ça se prend un peu trop au sérieux, sûrement, mais j’ai plutôt passé un bon moment devant.
Alors qu’est-ce qui te chiffonne, me direz-vous, petits curieux que vous êtes ? Eh bien, toutes mes excuses aux personnes qui ont été emportées par le suspens ahurissant de cet incroyable thriller, mais cet aspect n’a absolument pas fonctionné chez moi. Tant mieux s’il a marché sur d’autres, je n’ai aucun souci avec ça. Mais dans mon cas, déjà, j’ai trouvé le film bien naïf et gentillet sur les coups fourrés dont sont capables les cardinaux et la Curie romaine, mais surtout, sur les deux twists finaux, sans spoiler, j’avais grillé le premier très vite et le second n’étant, à mon sens, pas très bien emmené, il m’a prise de court. Je comprends les personnes qui n’ont pas compris ce qu’il faisait là (il semblerait que ça soit mieux géré dans le livre).
Encore une fois, sans spoiler, il faut comprendre que le film a deux enjeux, mais que le second est en filigranes, et pas assez appuyé pour être clair, à mon sens, pour une partie du public, dont je faisais partie avant que les analyses dont je parlais plus tôt m’éclairent (tilt). Le premier est simple : qui c’est qui posera son popotin sur le trône papal ? Là-dessus, pas d’ambiguïté : il y a des candidats plus ou moins fréquentables qui vont se tirer dans les pattes pour être élus et l’un va finir par l’être. Le second est sous-entendu en fond tout au long du film : le cardinal Lawrence va-t-il se réconcilier avec l’institution religieuse, va-t-il retrouver foi en elle ? C’est à ça que répond cette espèce de post-climax un peu bizarre. Mais le film se focalise tellement plus sur le premier enjeu qu’effectivement, le second n’est pas clair. Du coup, on peut facilement se perdre dans ces révélations qui semblent sortir de nulle part lorsqu’on n’est pas très attentif à tout ce qui nous est montré d’annexe, notamment les religieuses qui gravitent autour de tous nos hommes en robes rouges. Du show don’t tell qui aurait sûrement mérité un peu plus de tell, une fois n’est pas coutume.
En conclusion, Conclave est un bon film, avec une intrigue à deux faces dont le revers aurait gagné à être plus présent pour ne pas que sa double résolution paraisse si étrange à beaucoup. Son propos est intéressant et aurait gagné à être plus clair, son discours sur l’Église est un peu naïf, mais la qualité du jeu d’acteurs et de la mise en scène, tout comme l’histoire principale, valent largement le coup d’œil. N’hésitez donc pas, si, comme d’hab’, ça vous intéresse.
Voilà voilà, j’ai essayé de ne pas faire trop long, j’espère que ça vous ira. Sur ce, je vais me faire un thé… Ah non trop tard pour le thé… Je vais me faire autre chose qu’un thé et je vous dis à très vite pour la suite du Petit Papillon !
Prenez soin de vous et bonne semaine !
À bientôt tout le monde !
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