Salut tout le monde !
Cette semaine, mon retour sur Scarlet et l’éternité, le dernier film d’animation de Mamoru Hosoda.
J’espère que vous allez bien et qu’à défaut de vous gaver de chocolat, vous avez/allez au moins profiter de ce beau petit WE de trois jours à nouveau printanier. 😊
Ceci étant, merci des retours sur Soir d’Automne, ma nouvelle d’anniversaire de mes 45 ans, que je vous invite à découvrir si ce n’est déjà fait. 😊
Message informatif : afin d’essayer d’améliorer ma visibilité sur le net, je vais expérimenter une nouvelle façon de rédiger mes news, un peu plus « référencement-friendly ». Donc, ça va tenter d’être un peu plus structuré.
Arrêtez de rigoler ! ^^’’’ Mais dites-moi ce que vous en pensez, par contre.
Il va y avoir quelques autres changements dans les semaines à venir, on en reparlera en temps et en heure.
Pour le moment, comme je le disais, mon retour sur Scarlet et l’éternité.

Mamoru Hosoda : une base toujours intéressante, mais pour raconter quoi ?
Scarlet et l’éternité (Hateshi naki Sukāretto, « Scarlet sans fin », de son titre original), est donc le septième film de Mamoru Hosoda, réalisateur dont j’ai désormais vu presque toute la filmographie, puisqu’il ne me manque plus que Mirai, ma petite sœur, à rattraper. Réalisateur dont j’aime, globalement, beaucoup le travail, même si, vous vous en souvenez peut-être, j’avais émis quelques réserves sur Belle, sa relecture de La Belle et la Bête, sortie en 2022.
Si ses premiers films m’ont toujours totalement embarquée, san retenue, tant par le fond que sur la forme, l’écriture maladroite de Belle, surtout de son final, m’avait laissée fort dubitative sur son fond. Ceci étant, sur sa forme, la maestria technique et de la mise en scène m’avait par contre vraiment impressionnée.
Et que dire de Scarlet et l’éternité, à part que ni le fond ni la forme ne m’ont vraiment convaincue, et que, malgré quelques indéniables bons points, cette relecture d’Hamlet souffre de trop gros défauts pour qu’on ne comprenne pas, en le regardant, son cuisant échec au box-office.
Mamoru Hosoda a-t-il gagné en technique ce qu’il a perdu en force narrative et puissance émotionnelle ? Si c’est l’impression que m’avait laissée Belle, c’est avec une réelle amertume que je l’ai constaté bien plus violemment avec Scarlet et l’éternité.
N’est pas Shakespeare qui veut, je pense que personne n’en doute.
Vouloir offrir une relecture d’Hamlet, avec un protagoniste féminin, dans un univers de fantasy violent, en y mêlant l’idée que diverses époques peuvent se mêler ou se répondre… Sur le papier, pourquoi pas ? Le premier teaser promettait une ambiance marquée, forte et franchement, j’étais vraiment hypée. Mais qu’en reste-t-il au final… ?

Un récit trop convenu
L’histoire commence dans le Danemark du XVIe siècle imaginaire, où règne un roi bon, sage et pacifique, que sa fille, Scarlet, adore. Et que même, quand elle sera grande, ben elle aussi, elle sera bonne, sage et pacifique comme son papa. Tout bascule lorsque son père est accusé de trahison, destitué par son frère pas pacifiste du tout et exécuté. La demoiselle va alors grandir avec la haine au ventre, les armes à la main et une seule idée en tête : tuer son oncle, venger son père. Mais lorsqu’elle échoue, un autre monde l’attend…
Une terre désertique, désolée, le « Pays des Morts », où bien des âmes en peine errent, se battent et tentent de survivre, si on peut dire, comme ils peuvent. Scarlet apprend d’une étrange petite femme que son oncle se trouve là aussi et veut, par la force et la violence, trouver le chemin du « Pays Infini », sans doute une sorte de paradis ? C’est n’est pas clairement défini, comme beaucoup de choses dans ce film. Scarlet n’est que rage et de toute façon, son oncle et ses sbires, qui sont là aussi, parce qu’apparemment, tout le monde est mort en même temps ?…, en ont toujours après elle. Quoi donc de plus normal pour elle que de partir sur leurs traces pour enfin, accomplir ici la vengeance qu’elle n’a pas pu mener à bien dans sa vie mortelle ?
Mais un imprévu de taille l’attend sur sa route : Hijiri, un jeune infirmier du XXIe siècle, paumé là, qui n’est, lui, que bonté et bienveillance. Et qui va décider de se joindre à elle… persuadé qu’une solution pacifique est possible.
Voilà donc notre improbable duo en route, à travers des terres en ruines où ne règnent que violence et dans le ciel duquel un gigantesque dragon transpercé de milles lames erre, foudroyant parfois tout ce qui croise sa route…

Des personnages taillés à la serpe, trop d’incohérences et des thèmes vus et revus
Si, comme je le disais, bien trop de choses restent vagues, pour ne pas dire sacrément incohérentes, j’y reviens tout de suite, les personnages, eux, sont vraiment caractérisés à la truelle. Il y a si peu de nuance et aucune surprise dans leur évolution, enfin, quand évolution il y a…
Scarlet n’est qu’une jeune femme dévorée par la haine qui doit apprendre à s’en libérer et à pardonner pour aller de l’avant. Hijiri un jeune idéaliste qui doit apprendre que ce n’est pas forcément si simple. Les autres, euh… Ils sont là, je dirais. Les vrais méchants sont irrécupérables, les faux méchants deviennent gentils, les autres sont purement fonctionnels. Voilà voilà.
Et à côté de ça, comme je le disais, l’univers lui-même est profondément illogique… Ce « Pays des Morts » est donc a priori l’endroit où tous les morts vont. Ce n’est pas un « enfer » où se retrouveraient juste ceux qui ont vécu dans la violence et sont morts par elle, puisqu’on y trouve des personnes d’un peu tous les âges, y compris des personnes âgées et des enfants. De même, on nous montre des gens de bien des époques et de bien des ethnies, mais, dans ce cas… Pourquoi Hijiri est le seul personnage contemporain ?… En fait, il est même le seul à être, à la louche, « Post-Renaissance » ?

Ça se passe comment ? Y a-t-il un autre pays des morts pour les gens après le XVIe siècle ? Mais dans tous les cas, qu’est-ce que Hijiri fait là ?… Pourquoi un homme de notre époque ? Son archétype loyal-bon pouvait venir de n’importe quand, formellement. La bonté et l’altruisme sont connus de tout temps et l’idée que, parce qu’il vient de notre époque, il ait connu une vie de paix qui explique sa vision du monde et son idéalisme est ridicule.
Je ne vais même pas m’étendre sur le fait que penser que notre époque est moins violente que les autres n’a aucun sens, mais même au Japon, pays sûr et en paix, qui n’a pas connu de guerre sur son sol depuis des décennies, il y a des violences, domestiques, sociales, criminelles, et Hijiri, en tant qu’intervenant médical sur le terrain, n’a pas pu ne pas y être confronté. D’ailleurs, quand on voit ce qui l’a conduit au Pays des Morts, il y a vraiment été confronté !
Opposer un passé violent à un présent où tout irait bien n’a aucun sens. Et pour quelle idée ? Celle que si Scarlet était née dans un autre contexte, sa vie aurait été différente ? Whoow. Ça alors. Personne n’y avait jamais pensé.
Désolée si je parais avoir la dent dure… Mais sérieusement ?
Tout ça pour ça ? « La guerre et la vengeance, c’est pas bien. », « Il faut pardonner pour avancer. », « Apprenons à nous faire confiance les uns les autres et à communiquer, parce que la paix, c’est bien. »… Pour une morale d’une naïveté qui ferait passer les Bisounours pour des psychopathes, et je ne suis même pas sûre que cette blague soit si exagérée que ça…

Alors, qu’on soit clairs, bien sûr que je suis d’accord avec tout ça sur le papier et qu’on a plus que jamais besoin de ce genre de discours. Mais pas comme ça. Pas de façon si caricaturale, grossière, pas avec des grandes phrases aussi lourdes et pompeuses que vides de vrai sens, de sens qui marque, de sens qui fait réfléchir et avancer les spectateurs.
Ces thématiques sont importantes et passionnantes à traiter. Je ne dirais pas le contraire : je les ai traitées (ou du moins, j’ai essayé à mon niveau). C’est la thématique de mon manga préféré, Gunslinger Girl. Et je ne pourrais pas, personne ne pourrait, vous lister, tous supports confondus, toutes les œuvres qui, depuis des millénaires, nous ont parlé de ça.
Mais… Pas de façon si grossière… ? Pas avec des personnages tellement outranciers, pas avec des enjeux si bateaux, des dialogues si lourds, bref, pas avec un manque de nuances tel qu’il détruit de fait toute l’empathie et donc l’intérêt qu’on pourrait avoir pour ce récit… Car, sans émotion pour nous lier à une Scarlet énervante à n’être bonne qu’à rager, foncer et crier et un Hijiri non moins agaçant à vouloir sans arrêt aider tout le monde et s’interposer dans les combats pour dire que c’est pas bien, comment adhérer au message, déjà réchauffé, du film ?

Une forme très inégale…
S’il y a bien un aspect, par contre, où je ne m’attendais pas à être mitigée, c’était la réalisation et les aspects techniques de ce film. Voir, donc, un film aussi inégal sur sa forme m’a vraiment surprise, tant, encore une fois, Mamoru Hosoda ne m’avait jamais déçue sur ce point, même ses tout premiers films réalisés avec des budgets ridicules.
Il y a de vrais bons moments, de vrais beaux plans, de vraies bonnes idées. On rigolait un peu, avec l’ami qui m’a accompagnée (biz, Baptiste ^^), sur le fait que ce film était un beau générateur de fonds d’écran. Il y a un vrai travail de direction artistique, une vraie vision créative, notamment du Pays des Morts.
Une véritable ambiance se dégage de cet univers, une terre désolée, désertique, inspirée de multiples civilisations moyenne-orientales. On croise Petra, entre autres paysages superbes, des oasis, des ruines diverses, mais aussi des caravanes de chameaux, des guerriers, comme je le disais, issues de multiples cultures et époques… Au-dessus de tout ça, l’ombre de cet immense dragon troué d’épées est absolument magnifique et entêtante, et un motif récurrent de ce réalisateur (même s’il nous avait plus habitué à des baleines volantes). Les scènes de combats sont globalement bien chorégraphiées et bien animées. On ne peut pas nier le travail qu’il y a eu et la volonté de rendre ce monde visuellement marquant.
Mais parallèlement, les autres « mondes » sont curieusement moins intéressants, pour ne pas dire… Bof ? Si le Danemark du XVIe siècle de Scarlet est crédible sans être particulièrement remarquable, le Japon contemporain est euh… D’une banalité urbaine sans âme ? Lumineux, certes, mais trop propre, trop lisse… Et j’ai trouvé ce plan mouvant sur des bâtiments et des rues vides particulièrement moche. Et que dire de sa reprise avec cette foule dansante, au milieu de laquelle une projection fantasmée de Hijiri et Scarlet se retrouvent à danser ? Outre que ça tombe un peu de nulle part et que je m’interroge encore sur le sens de cette scène, l’incrustation des personnages sur le fond est vraiment mal faite et comment est-ce que c’est possible pour une réalisation de ce catégorie… ?

Scarlet et l’éternité : Une déception qui fait de la peine
Pour conclure, ce film est une œuvre qui me laisse perplexe et navrée.
Perplexe, car je ne comprends pas comment Mamoru Hosoda, l’homme derrière des œuvres aussi fortes, belles, marquantes, pertinentes que Summer Wars ou Les Enfants-Loups, pour ne citer qu’elles, peut avoir à ce point perdu ça, cette qualité narrative, ce talent pour écrire des histoires bouleversantes et des personnages si émouvants ? …
Et navrée de ça, du coup, et surtout qu’alors même qu’il avait atteint avec Belle une qualité de mise en scène exceptionnelle, cette fois, même cet aspect ne sauve pas le film.
Je ne peux que lui souhaiter de redresser la barre, car je ne peux pas croire qu’il n’a plus rien à nous raconter.
Voilà…
Mon compagnon de séance et moi-même avons acté pour un Moué/20.
Je vous laisse ici, bonne fête des cloches tout le monde.
Je vous souhaite une excellente semaine et vous dis à la semaine prochaine pour la suite du Petit Papillon ! 😊
À bientôt tout le monde ! 😊
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