Our Colorful Days, un autre adolescent gay.

Salut les gens !

J’espère que vous allez bien, ici il fait tout gris tout froid tout mouillé ouin.

Mais bon…C’est de saison…

En attendant les Fêtes (et la possible 3e vague qui suivra), moi je me demande quand est-ce que je pourrais retourner au ciné et comment tout ceci va évoluer…

Et donc, ben je continue à descendre les piles de mangas qui sont à côté de mon lit…

Et il y en avait un dont j’attendais la fin pour vous en causer. Et le 3e tome est sorti cette semaine, voilà qui tombe fort bien.

Il y a quelques semaines, je vous parlais d’un roman racontant l’adolescence d’un jeune gay japonais de façon assez glauque, voire malsaine, Je ne suis pas un gay de fiction.

Et je vous présente donc son antithèse, pourrait-on dire, une petite trilogie de Gengoroh Tagame, Our Colorful Days. L’auteur de bara trash, trèèèèès trash, qui s’était lancé avec brio dans le tout-public avec son magnifique Le Mari de mon frère, remet-il le couvert avec autant de talent ?

Reprenons depuis le début !

La théorie scientifique actuellement la plus admise est celle du Big Bang et… Bon d’accord peut-être pas à ce point depuis le début.

Donc !

J’assume cette blague. Arrêtez de râler.

Donc, disais-je, nous avons là l’histoire de Sora, un jeune lycéen, peintre à ses heures, gay enfermé dans son placard, amoureux d’un de ses camarades de classe. Il vit sa vie, cahin-caha, s’interrogeant sur plein de choses, lui-même en premier lieu, mais n’osant révéler à personne son secret, pas même à Nao, sa fringante meilleure amie.

Habitué à porter un masque, à “laisser couler” les éventuelles blagues et/ou remarques homophobes de ses camarades, il n’en est pas moins profondément blessé le jour où le garçon qu’il aime y prend part. Séchant alors les cours pour prendre l’air, il s’endort à moitié sur un parapet, au bord de la mer, et c’est là qu’un homme aux cheveux blanchis par l’âge passe et lui dit qu’il l’aime. Le temps de le réaliser, l’inconnu a disparu.

C’est entre cet ado un peu paumé, cette demoiselle énergique et cet homo vieillissant, tous trois en recherche de réponses, que va naître une belle amitié. Et qui sait s’ils n’en trouveront pas quelques-unes en cours de route ?

Our Colorful Days est une belle histoire, émouvante, drôle parfois, triste à d’autres moments, mais qui touche et tape juste. Certes moins détaillé que le roman suscité, j’ai trouvé que, sur une thématique similaire, ce manga était bien plus intéressant, bien plus bienveillant envers ses personnages, tout en restant réaliste sur les thèmes abordés. Pas de pervers à tous les étages ici. Sans tomber dans aucun cliché (enfin sauf un, mais qui n’est tellement qu’effleuré qu’on se demande un peu ce qu’il fait là et n’a finalement aucune importance), il pose les personnages pour ce qu’ils sont : Sora qui se demande ce qu’il va devenir, Nao qui se demande comment le soutenir, Shiro qui regarde ce qu’a été sa vie, ses choix, et se demande, lui, comment continuer, tentant comme il peut de conseiller ses deux jeunes gens malgré ses propres erreurs.

Et c’est très beau, finalement, de voir comment, si le bar de l’homme vieillissant devient un refuge pour les deux ados, eux aussi deviennent des soutiens pour un homme qui tente de reconstruire sa vie et de devenir enfin, après de trop longues années, ce qu’il est réellement.

Le discours est positif et, si tout n’est pas rose, on reste dans l’idée qu’il faut avancer et aller de l’avant, que même à plus de 60 ans, tout reste possible. Ce n’est pas pour rien que ceci s’achève sur une toile blanche : tout reste encore à peindre.

Gengoroh Tagame est né en 1964, c’est aujourd’hui un auteur connu et reconnu. Ce n’est plus un débutant, ni comme auteur, ni comme homme, ni même comme gay, et s’il a longtemps dessiné du bara bien trash, comme dit plus haut, il n’en demeure pas moins un auteur sensible et désireux d’avoir un discours ouvert, positif, bienveillant sur l’homosexualité dans ses œuvres tout-public. Le tout en gardant un trait très “viril”, qui crée un décalage assez rigolo… Ses lycéens ont tous l’air de bodybuildeurs de 25 ans, et son soixantenaire est sacrément bien conservé et canon, mais bon… ^^

Frêles lycéens ^^

Le Mari de mon frère était un coup de maître là-dessus, une histoire d’une justesse et d’une profondeur rare, un récit d’une très grande force, et si j’admets que Our Colorful Days n’arrive pas à sa hauteur, dû entre autres à une histoire peut-être un peu trop rapide (quelques tomes de plus n’auraient pas nui), ça n’en reste pas moins là encore un récit très beau et très juste, avec un trio de personnages vraiment touchant, soutenus par des personnages secondaires très justes eux aussi, et qui ne peut pas laisser indifférent.

Bref, un beau manga d’un auteur visiblement désireux d’être une voix pour sa communauté en la montrant sous un jour positif, pas tout rose, juste profondément humain. Une œuvre à lire donc et un auteur plus que jamais à suivre. ^^

Voilà voilou.

Je vous laisse donc aller découvrir ça ou me donner vos avis en commentaires si vous l’avez lu, et je vous dis à très vite pour la suite du Petit Papillon !

Bonne semaine à tous !

 

 

Ce contenu a été publié dans Adel, Akata, Bande dessinée, BD, Bienveillance, Dessin, Gay themed, Gengoroh Tagame, Je ne suis pas un gay de fiction, Le Mari de mon frère, Le Petit Papillon, LGBT+, Manga, Nathanael, Our Colorful Days, Seinen, shonen-aï, Tranche de vie. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.