Bof… (Adieu les Cons)

Salut les gens !

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J’espère que vous allez bien, moi ça va, on tient bon et on progresse doucement, je vous prépare la sortie papier d’Héritages, mais en mode zen. N’ayant pas de salon où vous le vendre à court terme, je préfère prendre mon temps pour vous le sortir vraiment nickel. ^^

Sinon, aujourd’hui et au risque de me faire conspuer par certains, je vais vous parler d’un film que j’ai vu hier, que je n’ai pas aimé, qui pourtant cartonne et ben, je ne comprends pas…

Adieu les cons est un film d’Albert Dupontel, avec Virginie Efira, Albert Dupontel himself, Nicolas Marié, entre autres. Je ne connais pas la filmographie de Dupontel, qui ne m’a pour ainsi dire jamais attirée. J’allais donc un peu à reculons voir celui-là, mais vu qu’on me l’avait vendu comme une bonne comédie, je me suis dit, why not. Encore une fois, merci à Yakouta de m’avoir accompagnée.

Alors, commençons par les indéniables qualités de ce film. Ne clignez pas des yeux, ça va aller vite.

Une excellente réalisation, avec de vraies idées, de vrais moments de grâce, une mise en scène assez dingue, des acteurs tous excellents. Virginie Elfora en tête, joue son rôle avec une grande beauté, une très belle humanité, ce personnage aussi incroyablement fort que tristement à bout de souffle, en bout de vie, elle est éblouissante. 

Voilà.

Et il y  a le reste.

Pitch rapide : Suze, quadragénaire, apprend qu’elle va bientôt mourir, atteinte d’une maladie pulmonaire incurable. Elle décide alors de tout faire pour retrouver l’enfant qu’elle a eu lorsqu’elle avait 15 ans et qu’elle a dû abandonner contre son gré, sous la pression de ses parents, en accouchant sous X.

Se heurtant à une administration montrée comme aussi incompétente que ridicule, elle va croiser la route de JB, fonctionnaire informaticien qui, en essayant de se tuer suite à un coup de pute de sa hiérarchie, blesse un de ses collègues et est donc, de façon complètement surréaliste, direct considéré comme un dangereux psychopathe à maîtriser à tout prix.

Elle parvient à partir avec lui et ils passent un pacte : si lui l’aide à retrouver son fils, elle, qui a tout vu, témoignera en sa faveur. Croisant aussi la route d’un archiviste aveugle, c’est à trois qu’ils se lancent dans cette quête, poursuivis par des policiers aussi aimables que des chiens enragés, et comment tout ça pourrait-il bien finir ?

Alors, je ne vais pas vous spoiler plus que ça, mais pour vous expliquer ce qui m’a posé souci, je vais devoir révéler d’autres aspects du scénar (je vais essayer de rester vague). Disons en gros qu’il y a de vrais soucis d’écriture, de cohérence et de crédibilité, pour un film qui ne sait pas trop s’il est une comédie, une tragédie, un délire, et oscille donc maladroitement entre tout ça. Ce film est trop réaliste pour que ces invraisemblances soient tenables et trop fantasque pour que ses enjeux le soient aussi. Il est totalement nihiliste pour moi et son “humour” est bien trop désespéré pour m’amuser, à quelques rares gags près.

Mais il y a surtout quatre points qui me posent vraiment problème.

Déjà, le personnage de l’informaticien capable de tout avec son petit portable dans les mains, c’est un cliché qui me gonfle et auquel plus personne ne croit depuis des plombes, à moins de ne vraiment RIEN y connaître en informatique. Sérieusement, si JB avait ce niveau technique, capable de TOUT régler en 2 ou 3 clics, il ne serait pas un obscur petit bureaucrate méprisé, il serait soit un hacker de génie, soit un indépendant tout aussi respecté. Et surtout, il ne se ferait sûrement pas localiser à cause de son portable, parce qu’il aurait ne serait-ce qu’un VPN !

Ensuite, réduire les forces de l’ordre à des connards rageux, violents, limite fous de la gâchette, incapables du moindre calme, voire, j’ai l’impression, de la moindre empathie, ben c’est juste nul.

Quand je vous disais que ce film ne savait pas sur quel ton danser, on a là un vrai souci : dans un drame, ou dans une comédie complètement barrée, ça aurait pu marcher. Des flics jusqu’au-boutistes, un ou deux vraiment violents, dans le premier cas, complètement cons dans le second, pourquoi pas. Là, ben, non. C’est juste des connards. Et traiter comme ça, dans le contexte actuel, les forces de l’ordre, ben oui, ça me pose problème.

Je ne suis pas là en train de dire que les flics sont nos amis et qu’on va tous aller faire des rondes et griller des marshmallows. Il y a de vrais soucis avec certains policiers dans notre pays, de vraies violences, de vraies bavures, et c’est inacceptable. Mais ce n’est pas les montrer comme des connards sans aucun contrepoids qui aidera. A ce titre, le final n’a aucun sens.

Mais comme taper sur l’administration et la police, ça reste “classique”, ni très original, ni très fin, mais ce ne sont pas, et non, les points qui m’ont le plus dérangée.

Non. Y a pire.

Comme présenter un  pur stalker comme un mignon petit romantique timide. Ça, en 2020, c’est niet. Un homme qui est amoureux d’une collègue, s’installe à 200 m de chez elle, la filme dans le métro, lui envoie des lettres et des fleurs anonymement, ce n’est pas “mignon”, c’est glauque. C’est à la limite du harcèlement et c’est vraiment des comportements malsain à bannir de nos médias, sauf si on les présente comme tels. Et que la fille en question lui tombe plus ou moins dans les bras sans autre chose qu’un “Non mais quand même j’avais un peu peur”, NON. Où alors tu montres qu’elle aussi l’a repéré et craque sur lui, là, à la limite, c’est mignon. Mais comme ça, non.

Pitié, non.

Et on en arrive donc au plus gros point noir du film. Lorsqu’on apprend que le père de l’enfant qu’a eu Suze à 15 ans en avait 20. Avec comme justification “il était joker”, ce qui était peut-être censé être drôle, ah ah ah il est joker, donc il est petit, donc il se fait passer pour un ado pour aller baiser des ados. Trop lol.

Cerise sur le pompon, on apprend qu’il a été condamné pour détournement de mineur, mais s’est évadé et a disparu, laissant donc tomber comme une merde notre demoiselle enceinte. Ce qui fait de lui un sale con en plus d’un pervers. Cool.

Vous vous souvenez de ce que j’avais dit sur Mr Fahrenheit dans  Je ne suis pas un gay de fiction ?

De comment j’avais été profondément choquée du fait qu’on fasse porter à la victime d’un pédophile la responsabilité de son agression ?

Ben là, pareil.

Lorsque JB lui fait remarquer qu’elle a été victime d’un pervers, Suze répond “Oh ben non, j’étais amoureuse.”

MERDE !

Qu’en France, en 2020, on en soit encore à NIER que quand un adulte manipule un ou une ado pour la baiser, c’est SA RESPONSABILITÉ A LUI ET A LUI SEUL, MERDE !! NON !

Ce n’est plus possible d’écrire, de tolérer ça !

Pas après metoo, pas quand on sait qu’un enfant sur 10 est victime d’inceste, pas quand une femme subit en moyenne un viol dans sa vie, ou meurt tous les deux jours sous les coups de son compagnon en France !

Un enfant n’est pas, jamais, JAMAIS, responsable.

Vous croyez que si on a voté qu’en dessous de 15 ans, la notion de “consentement” du mineur, c’était nul et non avenue, c’est pour le fun ?

Une victime n’est jamais responsable de son agression. POINT. FINAL. DÉFINITIF.

Rien que pour ça, même si c’est un détail, même si ce film a, comme je le disais, d’indéniables qualités de réalisation, de mise en scène et de direction d’acteurs, je ne peux pas accepter ce dialogue et tout ce qu’il représente.

Bref, si vous avez aimé, ben tant mieux pour vous, je ne souhaite à personne de passer un mauvais moment, après tout. Mais s’il vous plaît, soyez au moins conscients de l’ambiguïté, et je reste polie, des messages que ce film véhicule.

Sur ce… Je vous dis à la semaine prochaine pour le chapitre 44 du Petit Papillon pour ceux qui n’ont pas la chance de l’avoir aujourd’hui, prenez soin de vous ! 🙂

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