De l’actualité d’un vieux comic… [Dilbert]

Salut les gens ! 🙂

Je n’avais rien à vous raconter cette semaine, mais je suis en train de relire mes vieux Dilbert alors je m’ai dit : “Tiens, je vais leur parler de Dilbert.

Dilbert est un comic strip américain de Scott Adams, en cours depuis 1989.

En France, on l’a découvert autour de 2000, entre autres grâce à la diffusion de sa version animée sur Canal + en 2000, mais ce ne sont pas moins de quatre éditeurs qui ont tenté de lancer la BD sous nos cieux entre 1997 et 2008 (First Edition, Albin Michel, Vents d’Ouest et finalement Dargaud). Outre que la simultanéité des parutions m’interroge sur l’acquisition des droits, les trois premiers ayant vraiment publié la série en parallèle entre 1997 et 2002 (il n’y a que Dargaud qui est arrivé après la bataille avec ses deux albums en 2005 et 2008), je note que la série n’a pas pris en France.

J’y vois une raison extrêmement simple… Même si, n’ayant lu que les tomes d’Albin Michel et de Dargaud, parce que je cherche, mais que c’est compliqué de trouver ça de nos jours, je ne peux juger de la qualité des deux autres éditions, eh bien, les deux sus-nommées sont tout de même de qualité plus que discutable. Erreurs de mise en page récurrentes, traduction rendant parfois la blague incompréhensible et strips mis dans un ordre plus qu’aléatoire, ceci, plus les thématiques abordées, suffit à comprendre pourquoi ça n’a pas pris.

Or, même si c’est assez symptomatique de la façon dont les éditeurs français traitaient les comic strips à l’époque, relire les premiers albums de Garfield ou les anciens de Snoopy/Peanuts par exemple, c’est très dommage, car Dilbert aurait toute sa place, dans une édition propre, dans nos bibliothèques actuelles.

Car qu’avons-nous-là ?

Si les premiers temps du comic de Scott Adams se focalisent sur la vie de son personnage principal, le Dilbert du titre, un inventeur/ingénieur, et son chien Dogbert, qui est très intelligent et veut conquérir le monde, c’est lorsque la série quitte leur foyer pour se mettre à décrire l’entreprise où travaille notre ingénieur qu’elle va connaître plus de succès et aussi beaucoup gagner en intérêt.

Et c’est aussi là que nous avons notre souci de timing. Tout l’humour de cette œuvre très grinçante repose sur une dénonciation féroce et très crédible du management totalement aux fraises de beaucoup d’entreprises : des employés compétents dirigés par des gens qui ne le sont pas et n’ont souvent même pas les connaissances techniques de base pour comprendre ce que font et ce dont ont besoin les premiers. Démonstration par l’absurde, puisque les personnages parlent souvent au premier degré dans la BD, de choses bien concrètes dans la réalité… Et croyez-moi, j’ai assez de potes informaticiens et/ou programmeurs pour le savoir : rien de pire qu’être dirigé par une personne n’ayant aucune connaissance technique, mais qui refuse même d’essayer de s’y intéresser, quand on a un poste demandant une très grande technicité.

Autour de Dilbert, brave ingénieur qui essaye quand même de faire de son mieux, gravitent ainsi son chef, dont la bêtise n’a d’égale que sa certitude de bien faire, en tout cas pour ses intérêts propres, son collège Wally, Richard dans la VF, spécialiste pour se faire payer à ne rien faire, leur collègue Alice, seule femme au début du comic, éternelle stressée carburant au café, Dogbert, le chien mégalomane de Dilbert, donc, qui se fait payer des sommes astronomiques, comme consultant, souvent, dans l’entreprise de son humain, Catbert, le chat devenu DRH sadique, Azok, naïf petit stagiaire, victime préférée d’un peu tout le monde, et j’en passe, surtout que je n’ai pas encore fini de lire tout le comic en anglais, puisqu’il est dans son intégralité disponible gratuitement en ligne.

On touche là à mon avis la seconde raison de l’échec de cette œuvre en France il y a 20 ans : le fait que ce type de “culture d’entreprise” débarquait alors à peine chez nous et que nous ne saisissions pas du tout l’ampleur ni surtout les désastres qu’elle allait traîner dans son sillon, choses que nous appréhendons mieux maintenant, mais qui restent profondément taboues, d’où sans doute, le fait qu’aucun éditeur n’ait l’air motivé pour le ressortir maintenant.

On a par ailleurs accusé Scott Adams de complaisance, dans la mesure où il décrirait de façon très simpliste les grandes entreprises, ne montrant que des subalternes, ce qui ferait le jeu des grands patrons “innocentés”. Preuve en serait le fait qu’un certain nombre de ces entreprises aient récupéré le comic dans leurs communication. De mon point de vue, ça montre juste leur cynisme et leur incompréhension du fond et prend un peu les lecteurs pour des idiots, surtout quand on sait que Scott Adams s’est inspiré, et s’inspire encore, de faits vécus par lui ou rapportés par ses lecteurs : le comic est en effet interactif depuis la fin des années 2000. Je pense que Scott Adams présente des situations pour montrer leur absurdité. Même s’ils sont moins évoqués, les responsables du boxon sont bien là et bien décrits comme des personnes complètement aux fraises quant à la réalité du travail de leur entreprise et ne pensant souvent qu’à leurs bénéfices.

En conclusion, un comic strip à ne pas prendre au premier degré, à lire si vous le croisez dans une bibliothèque ou en ligne si vous comprenez bien l’anglais. 🙂

Bonne semaine à tous et à bientôt pour la suite du Petit Papillon ! 🙂

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