Comment sauver le monde en devenant pote avec un caillou (Projet Dernière Chance)

Salut tout le monde !

Cette semaine, on va partir trèèèèès loin dans les étoiles pour mon retour sur Projet Dernière Chance. 😊

 

Je vous annonce mes deux prochains salons :

Je serai le dimanche 26 avril à Marie Curieuse Bouquineà Oullins-Pierre-Bénite.

Je serai aussi le WE du 22 au 24 mai à OctoGônes nouvelle version, aka PentaGônes, à Lyon Eurexpo. 🙂

Impatiente de vous y croiser ! 🙂

 

J’espère que vous allez bien et que vous respirez mieux que moi, même si ça va mieux, vu ce qu’il a plu en début de semaine. Ça a un chitit peu fait tomber assez de pollens pour qu’on ait eu un répit. ^^’’ Ouf ! 😊

Mais ça pourrait être pire… On pourrait avoir une espèce de microbe alien mangeuse de soleil à gérer.

 

Warning : je ne spoilerai pas plus que ce qu’ont montré les trailers et les images de cette news sont toutes des captures de ces mêmes trailers. Croyez-y ou pas, mais je n’avais quasi que des images de Ryan Gosling en cherchant… Du coup, j’en ai été réduite à aller remater les trailers pour pouvoir illustrer cette news. ^^’’ Première fois que ça m’arrive !

 

Phil Lord et Christophe Miller : de vieilles connaissances qu’on retrouve avec plaisir

Projet Dernière Chance est le dernier film réalisé par le duo Phil Lord/Christopher Miller, scénarisé par Drew Goddard d’après le roman d’Andy Weir, que je n’ai pas lu. Mais le film en donne bien envie, ce qui est plutôt signe d’une bonne adaptation. 

Phil Lord et Christopher Miller, on commence à bien les connaître et j’avoue personnellement bien aimer ce que je connais de leur boulot, à savoir les deux films d’animation SpiderVerse (le premier ici, le deuxième ici). Et oui, oui, ‘faut que je rattrape le reste… Mais bon, journées-font-que-24h tout ça, hein.

J’avais zappé en allant au ciné que ce film étaient d’eux, je l’ai redécouvert en faisant mon habituel petit tour des critiques et autres en revenant. J’ai cela dit bien retrouvé leur état d’esprit, si je puis dire, ce mélange de tons très bien dosé et ce goût de raconter de belles amitiés.

 

Un récit de SF prenant et original

Il y a des gens qui ont des réveils difficiles et il y a Ryland Grace (Ryan Gosling). Lui va vous faire relativiser toutes vos pannes de cafetière ou d’eau chaude, même celles du lundi : il sort d’un coma artificiel dans un immense vaisseau spatial, seul et sans aucun souvenir de ce qu’il fait là. Avec lui, deux corps sans vie et une IA qui lui explique qu’il mettrait plus d’un siècle à rentrer s’il le voulait.

Pas étonnant qu’il attaque ça avec la vodka qu’il trouve.

Mais le choc passé, sa mémoire revient, pour lui par bribes et pour nous par flashbacks. Docteur en biologie moléculaire, devenu simple prof de collège suite à des théories jugées hasardeuses par ses pairs, il a été recruté par Eva Stratt (Sandra Hüller) pour une mission scientifique internationale visant à sauver notre soleil attaqué par des bactéries spatiales, dirons-nous pour simplifier, qui pompent son énergie et celles de toutes les autres étoiles, sauf une. Le but de sa mission est donc « simple » : trouver pourquoi cet étoile-là résiste et envoyer la solution sur Terre via des sondes (lui ne pourra pas rentrer).

Mais alors qu’il se motive à tout de même y aller, fichu pour fichu, ‘faut bien s’occuper, il va croiser la route d’un alien. Un drôle de caillou à cinq pattes, qu’il va baptiser Rocky, venu là pour la même raison que lui : ces fichues bactéries mangent aussi son soleil.

Voici donc deux âmes paumées à des années-lumière de chez elles, qui vont devoir apprendre à se comprendre, à cohabiter et faire équipe pour tenter de sauver leurs mondes.

 

Ryan Gosling en brave gars lambda

Le film, que j’ai vu en VO, est porté par Ryan Gosling, bien évidemment, puisqu’il a un sacré temps d’écran seul. Ou seul et ½, si on compte son comparse-marionnette, à la limite, mais dans tous les cas, l’œuvre repose sur lui.

Alors, pas qu’il ait tant à prouver. Sa prestation dans Blade Runner 2049 m’avait plutôt convaincue, ce n’était pas elle qui m’avait sortie du film. De même, son interprétation de Ken dans Barbie était plutôt très fun.

Et là, le voir en gars normal, pas un héros ni un antihéros, juste un homme, certes très intelligent, mais balancé dans une situation qui le dépasse totalement, à laquelle il n’a pas été spécialement entraîné, ça crée tout de suite beaucoup d’empathie pour le personnage. Car on ne peut, nous là, gens de base devant l’écran, que le comprendre. Ce n’est pas un super soldat ou autre surhumain, comme on en croise un peu trop en SF.

C’est un simple chercheur, un brave gars, un peu maladroit socialement, mais plutôt sympa et touchant. Quelqu’un, donc, dont on peut facilement se sentir proche. Et quelqu’un, donc, qu’on a envie de suivre et de voir y arriver, tout simplement parce que, au-delà des enjeux, il va y mettre tout ce qu’il peut avec une bonne volonté sincère.

Sandra Hüller en responsable pragmatique

Face à lui, Sandra Hüller est tout aussi impressionnante dans le rôle de la très rationnelle Eva Stratt. Actrice allemande surtout connue pour ses rôles récents dans Anatomie d’une chute et La Zone d’intérêt, elle n’était pas forcément attendue dans un film de SF à gros budget états-unien, mais elle est très juste dans ce rôle, offrant aussi un personnage plus nuancé qu’on aurait pu le craindre.

Car Eva Stratt est une femme intelligente, responsable, consciente des enjeux et donc, des sacrifices nécessaires pour les résoudre. Elle est ainsi plus pragmatique que réellement froide et calculatrice et ne manque clairement pas d’empathie.

C’est juste que, pour elle, ses sentiments n’ont pas à outrepasser son devoir et l’amitié qu’elle a pour Ryland Grace, qui reste certes distante, car très professionnelle, m’a semblé bien réelle. Mais quand il faut, il faut, et elle n’est pas du genre à hésiter à prendre des décisions radicales. Parce que c’est nécessaire, quoi qu’il lui en coûte.

Plus de profondeur qu’attendu, donc, pour un personnage qui aurait pu être bien plus fonctionnel et moins subtil.

James Ortiz en alien minéral

James Ortiz n’est pas vraiment un acteur et n’aurait d’ailleurs pas dû être la voix de Rocky, le caillou à cinq pattes. Formellement, il est animateur et, sur le projet, était responsable de l’équipe de marionnettistes qui manipulaient l’alien. Car oui, et ça, pour le coup, je l’avais bien compris, notre alien minéral n’est pas un tas de pixels, enfin, pas souvent, on en recause tout à l’heure car on parlera technique.

C’est dans ce cadre que, sur le plateau, il a assuré la voix du personnage, enfin, la voix numérique que son ami humain lui attribue sur son ordinateur une fois qu’il est parvenu à programmer un système de traduction, pour être exacte, pour que Ryan Gosling ait une référence pour son jeu. L’idée était qu’un doubleur plus connu ne reprenne ces textes en post-prod pour la sortie du film.

Sa performance a cependant suffisamment plu aux trois principaux producteurs du film, à savoir ses deux réalisateurs et son acteur principal. Ce dernier a d’ailleurs dit en interview que James Ortiz lui avait pas mal tenu compagnie pendant le tournage, notamment lors des pauses techniques qui pouvaient être assez longues.

Et, de fait, sa prestation est très bonne. La nature numérique de la voix rend crédible une certaine absence d’émotions, qui passe du coup très bien dans le contexte.

Bref, pour un non-professionnel, rien à redire. Notre petit caillou est ainsi bien représenté et touchant pour nous.

Une réalisation soignée au service d’un message qui change

Pas que j’en aurais vraiment douté, mais Phil Lord et Christopher Miller gèrent. On aurait pu craindre que passer de l’animation à de la prise de vue réelle ne pose souci, ça n’est pas le cas. La mise en scène est maîtrisée et le mélange des genres marche très bien, entre sérieux, comédie, tension, etc… L’équilibre est là et nous offre du rire et de l’émotion quand il le faut. Je ne comprends pas les personnes qui chouinent sur l’aspect « comédie » et l’opposent, vraiment, à la SF, comme si cette dernière ne devait être que sérieuse et déprimante ?

Pour moi, c’est justement la force et la grande réussite du film, d’être optimiste, de raconter une histoire de voyage, de dépassement de soi, d’amitié, bref, de ces liens créés et de ce que ces liens nous font avancer et nous dépasser.

De même, je ne comprends pas les plaintes sur le manque de suspens et le fait que le film le désamorce.

*Tousse* Hm hm.

Alors les gars… Comment dire…

Si vous ne savez pas distinguer une œuvre reposant sur des twists et du suspens et où donc, le but est la fin du voyage pour avoir des réponses et une œuvre où le but EST le voyage et où la destination est claire dès le départ, mais on s’en fout de la connaître, parce que ce n’est pas ça l’intérêt…

Ben c’est dommage quand même… ?

Je ne vais pas plus spoiler, mais qu’on soit clair : c’est un feel-good-buddy movie. Le but n’est pas de savoir si on va y arriver, mais comment et à quel prix.

Et donc, une fois qu’on adhère à cette proposition, et on a le droit de ne pas y adhérer, mais ça n’est pas un défaut du film, c’est une question de goût, tout marche et le spectacle, ce fameux voyage, est juste beau, aussi bien sur le fond que sur la forme.

Tout est bien vu : le vaisseau de Grace, dont on comprend l’immensité, est très bien rendu et fourmille de détails qui le rendent impressionnant et crédible. On ne peut absolument pas nier le boulot des personnes qui l’ont designé. Les plans vus de l’espace sont superbes (mais là-dessus, j’admets être très bon public). Les scènes intimes marchent bien, les scènes d’action marchent bien. Le rythme est aussi bien géré, on prend son temps quand il faut pour ellipser quand il y a besoin. L’alternance présent/flashbacks, qui vient du livre, pour le coup, n’est pas si artificielle qu’on aurait pu le craindre et permet aussi de bien gérer la narration.

J’ai vu qu’il y avait des changements de ratio en fonction des espaces, ceci a mon respect, mais je n’y ai pas du tout fait attention pendant le film. ^^’’

La technologie au service du récit et un alien aussi crédible qu’attachant

Je ne vais pas m’étendre plus qu’il ne le faut sur les effets spéciaux, qui sont très bien. Comme dit, visuellement, le film est très soigné. Le voir au cinéma est bien pour ça et je ne dis pas ça que parce que j’ai les yeux qui brillent dès qu’on me met des constellations ou des nébuleuses en 4K sous le nez, même pas vrai.

Mais le tour de force du film, ça reste quand même ce fichu caillou à cinq pattes.

Vous le savez, j’adore l’animation et je n’ai donc rien, a priori, contre les effets numériques et les créatures en pixels, à la condition, mais c’est une évidence, que ça soit bien fait.

Mais la matérialité des choses offre tout de même encore bien souvent une réalité qui se sent. Et merci, vraiment, à Phil Lord et Christopher Miller d’avoir joué la carte de la marionnette pour la plupart des scènes de Rocky. Parce qu’il est là, vraiment là, et que ça change beaucoup à ce qu’on arrive à ressentir pour lui.

Le travail, tant de Neal Scallan et de son équipe sur le design et la conception des marionnettes de l’alien que sur sa mise en mouvement sur le plateau, est vraiment bluffant. Je comprends qu’on ait pu trouver sa personnalité trop « humaine », mais c’est un défaut inhérent à la plupart de nos êtres imaginaires. Il est très rare qu’un créateur puisse sortir suffisamment de sa nature pour en inventer une qui n’en soit pas un écho.

Mais d’un point de vue technique, réalisme, en tant que créature vivante ? La réussite est totale. Rocky bouge de façon fluide, réagit à ce qui l’entoure, on sent ses émotions, ses joies, ses rires, aussi bien que son sérieux, son incrédulité ou même ses peines et ses inquiétudes. C’est du travail d’orfèvre, vraiment, et c’est vraiment du plaisir à voir.

Une histoire d’amitié qui veut redonner foi à l’avenir

A une heure où l’ambiance générale n’est pas à la joie et où la pop-culture a un peu trop tendance à nous gaver d’œuvres graves ou carrément déprimantes, quand ce ne sont pas carrément des dystopies post-apo pleines de zombies… Il est bon pour tout le monde d’avoir des créateurs qui prennent ça à contre-pied et offrent, au contraire, des œuvres positives, montrant ce que l’humain peut avoir de meilleur au lieu de nous rabâcher ce qu’il a de pire.

L’amitié est une des plus belles choses au monde, dans le sens où ce sont les seules relations réellement choisies qu’on a dans la vie, les seules qui n’ont pas, ou en tout cas, ne devraient avoir d’autres enjeux que de l’affection, des bons moments quand ça va et du soutien quand ça ne va pas.

Ce n’est pas tant au centre des fictions, ces dernières préférant souvent mettre en avant les romances, toujours considérées comme LE truc ultime de la vie, alors que je ne sais pas pour vous, mais perso, si ma plus longue romance a duré dans les deux ans (je sais, je ne suis pas une référence pour ça, et à contrario, mes grands-parents se sont aimés une soixantaine d’années), ma plus longue amitié dure depuis plus de 40 ans (Biz, Eric !)…

Et, si on peut abattre des montagnes par amour, personne ne me fera croire qu’on ne peut pas en abattre aussi par amitié. C’est donc un peu triste que ça soit si peu mis en fiction… Mais du coup, quand une œuvre le fait, et le fait bien, c’est vraiment rafraîchissant.

Il n’y a pas de romance dans Projet Dernière Chance, pas d’ambiguïté, aucun love-interest. Mais il y a des liens, il y a des amitiés. Il y a un prof de collègue bienveillant apprécié de ses élèves, qui redevient un chercheur qui devient pote avec l’agent du gouvernement qui est chargé de le surveiller, puis développe une relation amicale avec la responsable du projet et d’autres de ses membres, avant de se retrouver seul un moment, puis de devenir le meilleur ami d’un alien, au point d’être prêt à tout risquer l’un pour l’autre.

Voir deux êtres que tout sépare, et là, on parle d’années-lumière, se lier pour avancer main dans la euh, oui si, appelons ça une main aussi, pour sauver leurs mondes, se sauver eux-mêmes, est toujours beau, émouvant, et surtout, inspirant. Et ceci sans même parler, avant ça, de l’union de toutes les personnes de notre planète pour comprendre les bactéries spatiales et permettre à Ryland Grace de simplement pouvoir partir.

Encore une fois, à une heure où on veut plus que jamais nous diviser, où certains prétendent même que l’empathie est une faiblesse, ce genre de messages, qu’au-delà de tout on peut s’aimer, qu’ensemble on va toujours plus loin, qu’on devient via nos liens de meilleures versions de nous-mêmes qui peuvent renverser des montagnes, est non seulement positif et cool, mais surtout plus que jamais nécessaire.

Bref… Un film à voir !

En conclusion, ben une excellente surprise.

De la SF pas dépressive, sérieux, rien que ça !

Très propre sur sa forme, très beau sur son fond, bien écrit, bien mené, bien rythmé, savant cocktail d’émotions qui vous feront passer du rire aux larmes, Projet Dernière Chance est un film à voir. Si ça vous dit, bien sûr. Et sur grand écran si vous le pouvez, car visuellement, ça le vaut.

Ce n’est pas tous les jours qu’on est ému par un caillou, eut-il cinq pattes, et qu’on ressort du ciné avec la banane et l’idée que les choses peuvent bien se passer.

 Stellaire/20.

 

Je vous souhaite une excellente semaine et vous dis à la semaine prochaine pour la suite du Petit Papillon ! 😊

À bientôt tout le monde ! 😊

 

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